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du Conchagua, est le premier de ces monts éruptifs. I)u large on aperçoitscs puissants remparts circulaires d’un rouge foncé et le plan incliné de sonénorme cratère crénelé de mornes, dont le plus haut, d’après Belcher,s’élève à 1109 mètres : jadis le cône régulier atteignait au moins le doublede cette hauteur. Avant l’explosion du Krakalau, le Cosegüina était, avecle Timboro de Soemhaxva, la montagne que l’on citait en exemple desplus formidables catastrophes causées par le dégagement soudain des gazemprisonnés. C’est le 20 janvier 1835 que le sommet du Cosegüina volaen poussière : la nuit se lit aussitôt sur plusieurs centaines de kilo-mètres en largeur, la mer se recouvrit d'une épaisse couche de cendre etde scories, au milieu de laquelle les navires se trouvaient retenus, et jusqu’àplus de 40 kilomètres du volcan toute verdure disparut sous un lit depoudre d’au moins 5 mètres d’épaisseur; le littoral s’avança dans la meret dans la haie deFonseca.A l’ouest le vent alizé enleva la poussière jusqu’àplus de 2200 kilomètres; à l’est, le contre-alizé la laissa retomber sur leHonduras, le Vucatan, la Jamaïque , et des remous aériens la transportèrentjusque dans la Nouvelle-Grenade : sur les hauts plateaux de Bogolà, à1650 kilomètres en ligne droite, on entendit le fracas de la montagnebrisée. L’ensemble de l’espace sur lequel s’abattirent les cendres fut évaluéà 4 millions de kilomètres carrés et la masse rejetée dans les airs à cin-quante milliards de mètres cubes. L’explosion dura quarante-trois heures,mais dès le commencement de la longue nuit, les habitants des campagnesvoisines s’étaient enfuis pour échapper à la cendre étouffante, suivis par lesanimaux domestiques et les bêtes des forêts, singes, serpents, oiseaux,confiants dans l’intelligence supérieure de l’homme.
Les volcans éteints de Chonco et le Yiejo ou « Vieux » (1909 mètres)s’élèvent en un massif géminé à une cinquantaine de kilomètres au sud-estdu Cosegüina, puis vient la rangée des Marrabios, dont les bases sont uniesde manière à former une véritable sierra, escarpée au sud-ouest, douce-ment inclinée au nord-est : la plupart des pitons n’ont qu’un millier demètres ou même moins; cependant le Telica, vers le milieu de la chaîne,atteint 1277 mètres. Un peu à l’est de l’axe des Marrabios, la série des vol-cans se continue par le cône majestueux du Momotombo (1865 mètres),dont la base forme péninsule dans le lac de Managua, et à côté duquel semontre le cône insulaire du Momotombito (850 mètres), comme unenfant près de sa mère. Quelques éruptions du Momotombo eurent lieuaprès l’arrivée des Espagnols, mais le volcan était apaisé depuis longtempslorsqu’il s’alluma de nouveau en 1852. Les missionnaires baptisaientautrefois les volcans pour conjurer les flammes de leurs cratères, mais le
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