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dans l’Atlantique près du cap Gracias-à-Dios, après avoir traversé presquetoute l’étendue du territoire dans sa plus grande largeur, naît dans lesmontagnes de Alatagalpa, d’où, sur l’autre versant, descendent les affluentsde l’Eslero Real. 11 n’est pas un lleuve de l'Amérique espagnole qui ait unetelle diversité de noms. Vers ses plus hautes sources, à 8(J kilomètres seu-lement des côtes du Pacifique, il a reçu l’appellation de Somoro, puis cellede Cabrugal ou Cabullal ; plus bas, c’est le rio Coco ou Cocos, l’Oro, Aoroou Yare, Portillo Liso, Tapacac, Encuentro, Pantasma, ou bien encore leSegovia d’après une ville de ses bords et la province qu’il parcourt, le Gra-cias ou le Cape-river, d’après la péninsule basse qu’il a formée en entrantdans la mer. On le désigne aussi sous le nom d’ilerbias et les Anglais l’ont appelé Wanks ou Yankes : cette variété de dénominations provientnon seulement de ce que ses riverains parlent des langues différentes, elleest due aussi au manque d’unité historique de la contrée : tandis que descolons espagnols s’établissaient dans les hautes vallées du rio Segovia , desnavigateurs étrangers, des pirates de diverses nations en remontaient lecours inférieur. Resserré à droite et à gauche par des montagnes, le bas-sin de ce fleuve est assez étroit, mais, exposé aux vents pluvieux de l’est,il devient très puissant et, en aval des rapides qui en interrompent le cours,il est parfaitement navigable aux pipantes et même aux petits bateaux àvapeur, sur une longueur évaluée à 275 kilomètres. A l’embouchure, ilpousse au loin son delta dans la mer entre des berges d’alluvions rou-geâtres apportées des vallées supérieures. Un des bras de la ramure desbayous est dû aux coupeurs de bois, qui s’étaient ainsi ménagé une meil-leure entrée, d’une baie latérale au lit principal du lleuve; mais ce passages’est également obstrué, et l’épaisseur d’eau n’est plus que d’un mètre àun mètre et demi sur la barre, suivant la hauteur du lleuve et l’état desvents et delà marée. Pourtant c’est dans ces parages dangereux que Colomb trouva l’abri qui lui fit donner au cap le nom de Gracias-à-Dios'.
D’autres rivières considérables coulent au sud du rio Segovia dansl’Atlantique, mais elles traversent des territoires presque inhabités; on neles connaît guère que par leurs embouchures, les marigots et les lagunesde leurs deltas. De plus fort de tous ces courants, entre le rio Segovia et leSan-Juan, est celui qui a reçu, outre plusieurs autres appellations, le nommérité de rio Grande. 11 est probable que sa branche maîtresse, la rivière
1 Hydrologie du rio Segovia :
Longueur de cours. C50 kilomètres.
Superficie du bassin. 28 000 kilomètres carrés.
Débit moyen par seconde . . . 500 mètres cubes.