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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
déplacer les limites respectives des deux zones. Les savanes empiètentà l’est sur les forêts. Du haut des croupes herbeuses, où se montre çà et làle c-eiba dominateur, sous lequel se réfugient les troupeaux, on aperçoit àscs pieds la lisière noire qui serpente en courbes irrégulières dans lesvallées et sur le penchant des monts; les rivières disparaissent dans celleombre mystérieuse et tout change brusquement dès qu’on a pénétré sousces voûtes de branches enguirlandées de lianes. Mais pourquoi ce soudaincontraste? D’où vient que la forêt n’a jais envahi toutes les pentes où lespluies de l’Atlantique arrivent en proportion suflisantc? Le travail desagriculteurs indiens, poursuivi pendant de longs siècles, tantôt sur unpoint, tantôt sur un autre, a gagné sur les grands bois par complètes iné-gales. Brûlée une première fois pour céder la place au maïs, la lisière deforêt essaye de se reformer; mais on défriche une deuxième fois le solaprès quelques années d’intervalle, et la végétation spontanée des savanesfinit par se substituera la flore arborescente; de leur côté, les fourmiscoupe-feuilles ( occudoma ) aident l’homme à faire reculer les grands bois,car elles ne touchent point à l’herbe et s’attaquent seulement aux jeunesfrondaisons des arbres qui croissent à l’orée des forêts’.
D’après Doit, ces fourmis seraient de véritables « cultivateurs » : ellesdécoupent en carré les feuilles tendres, non pour s’en nourrir commeon le croyait autrefois, mais pour les utiliser comme engrais dans lesplantations souterraines des champignons (pii constituent leur nourritureprincipale. I n autre genre de fourmis qui peuple ces régions, 1 ’eciton, estplacé par le même naturaliste au premier rang pour son intelligence.Ainsi, lorsqu’une bande à'eciton hamata, voulant traverser un ruisselet,n a qu’une seule branche étroite sur laquelle l’armée ne pourrait passerqu’à la file, des compagnons dévoués s’agrippent de chaque côté au pontnaturel et les uns aux autres, de manière à tripler du coup la largeur dupalier, et toute la tribu se rend, sur trois de front, à la rive opposée.Parmi les phénomènes rem; ^ s que présente la faune de cette zonedes hauteurs, Bell signale aussi le passage de papillons (timetes chiron),qui se dirigent en multitudes innombrables dans le sens du sud-est par-dessus les collines. Jamais il n’a pu constater une migration de retour :toujours les myriades, provenant peut-être des lointaines forêts du Hon-duras ou du Guatemala , semblent être entraînées, comme par un courantirrésistible, et transversalement à la direction du vent alizé, vers les côtesde la Mosquilie.
Thomas Boit, The Naturalist in yicaracjuc.