SAX-JUAX, CLIMAT, FLORE I) L X ICA R AGl'A.
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Les roches anciennes, schistes, quartz, dolérites, qui constituent les pla-teaux et les montagnes du versant atlantique, sont arrosées jiar des pluiesahondantes et par des brouillards que leur apporte le vent régulier du nord-est. Grâce à cet excès d’humidité, ces régions sont recouvertes d’uneforêt continue, coupée seulement par des lits de rivière, interrompue pardes marais et des savanes tremblantes : ce sont les bois sans limites queColomb disait avoir fourni les charpentes du temple de Salomon. On y voittous les arbres de construction, d’ébénisterie et de teinturerie qui fontaussi partie de la ilore du Honduras et du Mexique méridional, cèdre,acajou, gayae. L’arbre le plus remarquable peut-être est le cortès (tecumasideroxylon) : son bois est aussi dur que l’ébène, mais ce qui le distinguesurtout, ce sont ses Heurs d’un jaune d'or, dont il est en entier revêtuvers latin de mars, après la chute des feuilles vertes; on le voilà plu-sieurs lieues de distance resplendissant sur le fond sombre de la forêt; deprès il éblouit les yeux. Cette région du versant pluvieux ne peut êtresalubre : sinon la surabondance des pluies, du moins l’imperméabilité duterrain bâte la décomposition des plantes : malgré l’écoulement rapidede la plus forte part des eaux, il en reste beaucoup dans l’écorce super-ficielle des roches. Il s’en amasse aussi dans les bas-fonds et dans lesfausses coulées des rivières : l'atmosphère est toujours humide, et la popu-lation, très rare, indienne ou métisse, n’occupe que d’étroites clairières ;l’ensemble de la zone est sans cultures.
La limite des pluies atlantiques, qui est en même temps celle desforêts insalubres, est tracée avec une singulière netteté : il pleut souventpendant des semaines et des mois à Libertad, sur le versant oriental desmonts, tandis que pendant la même saison le ciel reste complètement pur àJuigalpa; le fleuve qui arrose les cultures de cette ville nedoit même d’avoirde l’eau toute l’année qu’à la situation de quelques-unes de ses sour-ces, alimentées par les pluies du bassin atlantique. Les averses des régionsorientales commencent en mai et continuent jusqu’en janvier : le beautemps intermédiaire ne dure guère que trois mois, de février en avril ;cependant les éclaircies ont lieu parfois d’octobre en novembre, et souventpendant plusieurs jours consécutifs. Les plus fortes pluies tombent en juilletet en août; les torrents sont alors difficiles à franchir et l’on ne peut plusse hasarder dans les régions marécageuses.
Là où cessent les forêts commencent les savanes de la zone médianedu Nicaragua , parcourues par le bétail et les bergers. Quoique la régionsoit encore bien faiblement peuplée en proportion de ses ressources immen-ses, le travail de l’homme a déjà contribué dans une certaine mesure à