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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

tinclion entre les origines easlillanes ou indiennes des diverses coutumes.Cependant les anciennes chroniques permettent quelquefois de suivre' lafiliation. Ainsi, d’après l’ascual de Andagoya, les femmes de la régioncomprise entre les deux lacs étaient les chefs reconnus des familles : c’est àclics qu'appartenait la demeure conjugale; elles avaient le droit de battreet même de chasser le mari. Or les Indiennes de Masaya ont encore, aprèsle mariage, la jouissance complète de ce qu’elles possédaient auparavant,et les maris 11e peuvent en user qu’avec leur permission formelle'. LesIndiens du Nicaragua , de. même que leurs parents de race dans le restede l’Amérique Centrale , aiment beaucoup les fleurs, les arbustes odori-férants, les oiseaux. Avec une extrême douceur, ils savent domestiquerles bêtes sauvages les plus rebelles. Dans une îles anciennes villes du Ni-caragua , Condega, située au sud d’Ocotal, le chef-lieu du haut bassin durio Segovia, ils célèbrent encore la fête de la nature à la mode antiquedesNahua. Pendant la nuit qui précède la fête, ils plantent en face de l’é-glise des tiges de maïs, de riz, de haricots et de tous les autres végétauxqu’ils cultivent, puis dans celle verdure ils lâchent des animaux domes-tiques, placent des oiseaux en cage, enchaînent des bêles de la forêt etparfois jusqu’à des jaguars, pour que le soleil de la fête éclaire commeun résumé du monde*.

Les régions montagneuses du faîte, entre le versant des lacs et celui del’Atlantique, sont habitées par une population indienne que l’on désignesous le nom de Chontales, — c’est-à-dire « Barbares » — comme diversestribus indigènes du Mexique sud-oriental. Avant l’arrivée des Espagnols,ces Indiens de l’Est étaient déjà tenus en mépris par les Nahua policés desplaines occidentales; cependant les ruines des cités et les vestiges nom-breux de constructions et de chaussées prouvent que ces prétendus bar-bares étaient assez avancés dans les arts de la civilisation. Refoulés peu àpeu par les ladinos, descendants de blancs et d'indiens d’autre race, lesChontales, qui se fondent à l’est avec les Zuma (Sooms) ou Simon, les l’o-polaea ouWaikna, c’est-à-dire «Hommes 3 », diminuent rapidement : enmaint district on ne voit plus que leurs tombeaux, disposés d’ordinaire enun vaste cercle autour des habitations; on y trouve, sous les débris decuisine, des objets d’usage domestique pareils à ceux dont se servent ac-tuellement les indigènes. Les Chontales semblent apparentés aux Lencadu Honduras : leur langue n’est ni nahuatl, ni maya. Ensemble, ils sont

' Th Boit, ouvrage cité.

2 Th. Bell, J. Froebel, ouvrages cités.

3 E. G. Squicr, ouvrage cité; — Bedford Pim , The Gale of lhe Pacific.