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Livre XVII. Indes occidentales.
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POPULATIONS DU NICARAGUA .

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de leurs ancêtres 1 * . Dans leurs jeux scéniques, représentant des mythes, desévénements de l’histoire ou des drames religieux, la langue employée parles auteurs est un jargon où le nahuatl se mêle à l’espagnol : la plupartdes pièces du théâtre nicaraguien sont accompagnées de danses et le nomqu’on leur donne est celui de bailes ou « hais 5 ». Presque tous les instru-ments de musique dont les Chorotega et les Niquiran se servaient dansleurs l'êtes sont encore employés par leurs descendants métis.

Comme dans l’Analniac, les conquérants s’empressèrent au Nicaragua de faire disparaître les monuments de la civilisation des indigènes. C’estainsi qu’en 15t24 le missionnaire liohadilla dressa sur la place de Ma-nagua un bûcher dans lequel il lit flamber les cartes, les peintures reli-gieuses et historiques, les calendriers et tous autres documents nahua etchorotega qu’il avait été possible de rassembler 3 4 . Les temples furent rasés,les idoles abattues, les cimetières bouleversés; cependant il restait encoreau milieu de ce siècle un grand nombre de pierres sculptées, surtout dansles îles du lac Nicaragua, que les Espagnols avaient cessé de visiter aprèsl’extermination des habitants. Dans la seule île de Momolombito, Squier vitplus de cinquante monolithes gigantesques de basalte représentant desligures humaines et rappelant les statues monstrueuses de File de Pâques .Dans les îles de Ceiba, de Pensacola , de Zapatera*, on a aussi trouvé desantiquités nombreuses, des pierres taillées et des inscriptions sur des pa-rois de rochers. Certaines parties d’Omctepe, où la population nahuatl s’estconservée dans sa pureté primitive, servaient de cimetières aux riverainsdu lac : un seul explorateur, Bransford, en a rapporté pour le musée deWashington huit cents objets précieux, surtout des urnes funérairesrenfermant des cadavres assis, revêtus de leurs ornements. Des fouilles sui-vies, entreprises autour des anciennes villes indiennes, sous les couches decendres rejetées par les volcans, ne manqueront pas de livrer des trésorsaux archéologues futurs. Une des curieuses trouvailles dues aux recherchesde l’Américain Flint est celle des, traces de pas humains laissées parmilliers sur des couches de cendres jaunes que rejeta le volcan Masaya etque recouvrirent des éruptions subséquentes 5 .

Le mélange des races et les changements du milieu politique ont si bienmodifié les mœurs qu’il est devenu impossible de faire exactement la dis-

1 G. Briuton, The Giieijiience, a coniedy-ballet in the nahuatl-spanish ilialeci of Nicaragua.

- Paul Lévy, ouvrage cité.

3 Oviedo y Yaldès, Histoire du Nicaragua

4 Bovallius, Nicaraguan Anliquities; — Désiré Pector, mémoire cité.

3 Brinton, American Philosophical Society , Nov. 18, 1887; — Nature, Marc h 10, 1888.