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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

En parlant dos langages de la contrée, Jlerrera mentionne en premier lieucelui des Carabisi : ce sont les Zuma et les Waikna de nos jours.

Les Indiens sauvages du Nicaragua sont pour la plupart de bellesproportions, mais les estropiés et les boiteux sont en assez grand nombreparmi eux, sans doute à cause de l’bumidité de leurs campements ; les pinloxaux taches blanches sur fond sombre se rencontrent aussi par famillesentières. Aussitôt après la naissance des enfants, ou leur fait à la tête uneincision pour détourner d’eux le mauvais sort : c’est l’une des rarespratiques religieuses ([ue l’on observe chez ces Indiens. Dans une destribus, les femmes ont encore l'habitude d’aplatir la tète de leurs nouveau-nés 1 au moven d’une planchette, à laquelle on suspend des coquillages pourdistraire un peu le pauvre souffre-douleurs : cette opération barbare.entraîne souvent la mort. Autrefois on pétrissait les tètes des nourrissonsde manière à leur donner « deux bosses de chaque côté et un creux dans lemilieu »; la figure prenait ainsi un air « plus noble » et la tète devenaitplus dure pour porter des fardeaux 2 * . Très endurants, tiers d’ètre insen-sibles à la douleur, les hommes, surtout les jeunes gens, se délient souventà qui souffrira le plus longtemps la bastonnade ou l’application du feu;parfois ils meurent sous les coups sans pousser un cri 5 . Les mariages sefont d’ordinaire sans aucune cérémonie : tous les enfants, garçons et filles,sont déjà fiancés par les parents et font ensemble des expéditions de pècheet de chasse : quand ils sont arrivés à fàge de la puberté, ils se bâtissentune cabane dans la clairière qui leur convient. La polygamie est fréquente,mais les femmes supplémentaires sont presque toujours des veuves, desorphelines ou des fugitives qui demandent un défenseur. A la mort dumari, les femmes coupent leur chevelure et brûlent tout ce qui appartientau défunt ; elles abattent même les arbres fruitiers qu’il avait plantés.

Tous les Indiens de ces régions sont agriculteurs, aussi bien que chas-seurs et pécheurs, mais leurs jardins sont très mal tenus, envahis par lavégétation folle. Après le bananier et le maïs, qui leur fournit les ali-ments, ils cultivent surtout l’achiote ou roucou qui leur donne la cou-leur rouge pour se peindre le corps d’images bizarres, et diverses plantesdont les fruits leur servent à préparer des boissons enivrantes. La liqueurépaisse faite avec le maïs est celle qu’ils préfèrent pour leurs longues or-gies : c’est 1 ’ulunj, mélange impur qui abrège la vie et corrompt la race 4 .

1 Bedford Pim , ouvrage cité.

s Oviedo y Valdès , Histoire du Nicaragua.

"• Gh. Bell, Journal of the Gcograpliical Society of London. 1862.

4 Paul Lévy, ouvrage cité.