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Livre XVII. Indes occidentales.
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POPULATION DU NICARAGUA .

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Tout agriculteurs qu’ils sont, les Indiens, à demi nomades, changent fré-quemment leurs camps ou s’éloignent pour de longues expéditions dechasse. Ainsi les Indiens Garca émigrent par bandes tous les ans des forêtsdu versant atlantique vers les coteaux secs qui bordent le grand lac poury capturer des iguanes : ils les saisissent sur les branches des arbres aumoyen d’un lacet flottant au bout d’une longue perche; après avoir faitdégringoler l’animal, ils lui cassent un doigt de chaque patte, attachent lesmembres et cousent la bouche du pauvre reptile, qu’ils emportent chezeux et gardent en vie jusqu’au jour où ils en feront leur repas 1 . Parmi lesoutils que les ulleros ou chercheurs de caoutchouc emploient encore de nosjours, Belt a découvert des haches de pierre dont le manche est attachéprécisément de la même manière que le représentent les sculptures d’Uxmal et de Palenque .

Quant aux prétendus « Caraïbes » du littoral, plus généralement désignéssous le nom de Moscos, Mosquilos ou « Moustiques », ce sont des Sambosou métis d’indiens et de nègres, offrant aussi un certain mélange de sangeuropéen dû aux pirates qui fréquentaient ces rivages. Un grand nombredes habitants des provinces de Segovia et de Malagalpa ont les cheveuxblonds et les yeux bleus: ce qu’il faudrait attribuer, suivant, le naturalistellelt, aux croisements opérés, au seizième et au dix-septième siècle, entreles créoles du pays et les pirates français et anglais réfugiés sur le conti-nent. En 1087, les "280 corsaires que commandait le « sieur » Ravenau deUussan, ayant abandonné leurs navires dans la baie de Fonseca, entre-prirent de traverser le corps continental, large en cet endroit d’environ500 kilomètres, et gagnèrent 1” ' \ e par la vallée du rio Segovia;

d’autres écumeurs de mer remontèrent le même fleuve, devenu le« grand chemin d’un océan à l’autre ».

La zone de l’isthme entre les lacs et le long du Pacifique devait naturel-lement être pour les conquérants espagnols la terre d’élection, puisquetous les avantages s’y trouvent réunis: fertilité du sol, facilité d’accès, salu-brité du climat, civilisation relativement avancée des habitants. Res villesespagnoles se sont substituées aux villes indiennes, presque toujours sur lememe emplacement ou du moins dans le voisinage immédiat. Mais, jusqu’àune époque récente, le sang ibérien est, avec celui des esclaves africainsimportés jadis sur les plantations, le seul qui se soit mélangé avec celuides indigènes. Presque tous les blancs qui ont peuplé le Nicaragua appar-tenaient a la forte race des Gallegos ou Galiciens , et l’on reconnaît encore

* Thomas Belt , ouvrage cité.

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