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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

leur type, mais leur patois espagnol ne contient plus qu’un petit nombrede mots empruntés à l'idiome galicien’. Les immigrants non Espagnols ,Français, Italiens, Anglais , Américains du Nord, ne sont venus que de-puis le milieu du siècle et jamais autrement que par individus ou pargroupes isolés. Cependant des travailleurs européens pourraient s’acclimaterparfaitement, par centaines de milliers, en de nombreux districts, notam-ment dans celui de Matagalpa. Eue colonie allemande d’agriculteurs et demeuniers est en voie de formation près de cette ville 5 .

Cbinandega, la cité nord-occidentale du Nicaragua, sur la route du Hon-duras , se compose de deux bourgs distincts : la vieille ville, appelée sim-plement el Yiejo, bâtie sur la pente du volcan de même nom, et la villeneuve, — à laquelle appartient désormais la dénomination exclusive deCbinandega,— à quelques kilomètres au sud-est, plus près de la mer, et laplus populeuse des deux. Elle eut même une période de grande prospérité,quand elle était l'entrepôt, nécessaire de tout le trafic qui se faisait, au nordparl’Estero Ileal et le port de Tempisque, à l’ouest par le havre de Realejo,fondé en lîj54 par Alvarado ; mais ses escales ont été presque abandonnéespar le commerce, à la suite des atterrissements graduels. Nulle part onne peut mieux voir le travail de conquête accompli par les palétuviers auprofit de la terre ferme: sur l’arbre même les fruits poussent des racinesd’une longueur variable, d’un demi-mètre à un mètre, et quand ces fruitsse détachent, leurs longs appendices les maintiennent toujours redresséset flottant dans l’eau boueuse, entraînés par le llux et le reflux, jusqu’àce qu'ils se fixent dans la vase et donnent naissance à de nouveaux palétu-viers; dans l’estuaire de Realejo, on peut calculer, dit Paul Lévy, d’unemanière presque mathématique, l’accroissement continu de la rive. Le portactuel, Corinto, situé sur une péninsule basse au bord de la mer, est euoutre protégé par l’ilot du Cardon et possède un excellent mouillage surun espace de plus de 7 kilomètres en longueur et plus d’un kilomètre enlargeur : il a près de 7 mètres d’eau à marée basse, 1 "2 mètres à maréehaute. C’est de beaucoup le port le plus commerçant du Nicaragua sur lacôte du Pacifique, et on y charge beaucoup de bois de teinture 1 * 3 .

Leon, la principale cité de la République, est la ville où s’entreposent lesmarchandises de Corinto. Sa situation entre le lac de Managua et les deuxestuaires de Corinto et de l’Estero Real, dans une plaine d’une merveilleusefécondité, est telle, qu’on s’attendrait à trouver en cet endroit la population

1 Paul Lcvy, ouvrage cité.

5 Désiré Pectur, Idoles manuscrites.

3 Valeur moyenne ries échanges à Corinto : 10 000 000 francs.