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la plus dense de toute l’Amérique Centrale : déjà, lorsque les conquérantsespagnols envahirent le Nicaragua , une centaine de milliers d’habitants sepressaient dans la ville indienne de Subliaba. La première ville espagnoledu district fut fondée en 15i2ü, non dans la plaine que dominent à l’est lesvolcans Marrabios, mais à Imbita, sur la rive nord-occidentale du lac deManagua. Divers accidents, qui se succédèrent coup sur coup, firent dépla-cer la colonie pour la reporter à côté de Subliaba, la ville des N’agrandan.La nouvelle cité, où siégeait le gouvernement de la province de Nicaragua ,prospéra bientôt, et en 1080 les pirates anglais qui la livrèrent à l’in-cendie et au pillage y trouvèrent des richesses immenses. A la fin dudix-huitième siècle, Leon et Subtiabâ avaient ensemble, dit-on, plus decinquante mille résidents; mais pendant ce siècle la population a beau-coup diminué, surtout par l’effet des guerres. Dès l’année 1811, Leons’était soulevée contre les Espagnols; puis, après la proclamation de l’in-dépendance, vinrent les dissensions civiles : les ambitieux ne pouvaientmanquer de profiter de l’éternelle rivalité des Cholutèques de la Plaineou N’agrandan et des Cholutèques de la Colline ou Dirian, représentésdans la race, maintenant métissée, par « Leon la cléricale » eL « Granadala libérale 1 ». Depuis qu’une troisième ville, placée entre les deux citésennemies, a hérité du rang de capitale, les jalousies ont diminué, etLeon grandit de nouveau : un chemin de fer la rattache à Corinto etaux autres villes de la région isthmique. Des eaux pures l’alimentent,jaillissant dans les barranques des environs, et tout autour des volcanss’épanchent des sources thermales, encore peu utilisées, car en dehors deLeon le pays est presque entièrement désert. Le principal danger est celuides inondations; les pluies se précipitent dans les ravines sans arbres desvolcans et fondent sur la ville en avalanches : les rues, pavées de caillouxet creusées au milieu, ressemblent parfois à des torrents, et les maisonsliasses qui les bordent ont eu de l’eau jusqu’à la naissance des toits.
Managua, la capitale actuelle de la République , n’était au milieu dusiècle qu’un hameau bâti sur l’emplacement d’une cité indienne, à unecentaine de mètres au-dessus du lac de son nom ; des falaises drapées deverdure limitent la terrasse de la ville. Dans le voisinage se trouvent aussiles petits lacs sans écoulement de Tiscapa, de Nejapa, d’Asososca, d’Apoyo,anciennes ampoules de volcans qui, après avoir crevé, se sont emplies d’uneeau dont la teneur en sels diffère suivant la composition des terres et deslaves. Sur les parois du laguet de Nejapa se voient quelques restes d’in-
1 J. Froebel, ouvrage cité.