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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
scriptions indiennes. Son rang de capitale, la résidence temporaire du con-grès et des personnages du gouvernement, accroissant notablement l’im-portance de Managua , en ont fait la rivale des deux cités, Leon et Granada.La campagne environnante était autrefois très riche en cotonniers : main-tenant elle est couverte de cafèteries. Au delà du bourg de Tipitapa et dela rivière temporaire qui porte son nom s’étendent des forêts riches enbois du Brésil (cæuilpinia crispa). Les rives orientales du lac de Managuasont séparées des avant-monts des Chontales par des terres noires maréca-geuses, dites jicarales parce que l’arbre dominant est le jicaro ou cale-bassier, dont les fruits fournissent aux indigènes presque toute la vaisselledont ils ont besoin.
Granada, la cité progressive du Nicaragua , est, comme Leon, l’une desplus anciennes de la contrée. Elle fut bâtie en 1525 par Francisco deCordoba près d’une ville indienne, Salteba ou Jalteba, qui est devenuemaintenant son faubourg. La richesse extrême de ses campagnes et la cé-lébrité qu’elle acquit dans les Indes Occidentales lui valurent par trois foisla visite des pirates : en 1605 et en 1670, ils remontèrent le cours du San-Juan et traversèrent le lac Nicaragua pour piller et brûler la ville; unequinzaine d’années après, une autre bande de forbans, anglais et fran-çais , se présentait par la voie du Pacifique et capturait de nouveau la cité,mais la plupart des habitants avaient pu se réfugier avec leurs objets lesplus précieux dans les archipels du lac Nicaragua . Enfin, en 1856, le flibus-tier Malker, après avoir vainement tenté de s’établir en maître dans l’Amé-rique Centrale , n’abandonna Granada que pour l'incendier. La ville est situéesur le penchant du plateau qui domine au nord-ouest le lac de Nicaragua :la baie se déroule au-devant en un demi-cercle parfait et la courbe setermine au sud par le promontoire superbe du volcan de Mombacho. Adroite, à gauche s’ouvrent des barranques profondes, fossés naturels quidonnent à Granada une position militaire assez forte, l’une des causesprincipales de ses fréquents malheurs. La pente du sol est rachetée pardes rampes pavées qui se succèdent de distance en distance entre les paliers :il est parfois dangereux de chevaucher sur les dalles glissantes, toujoursbien nettoyées par le vent ou lavées par les pluies. Les édifices publics deGranada n’ont aucune beauté architecturale : l’importance de cette ville luivient de ses écoles, de son industrie, de son commerce. Plusieurs lieuxd’embarquement se suivent sur la côte voisine, sous le précaire abri desIsletas. La seule anse du littoral qui mérite le nom de port et qui pourraitrecevoir des flottes de navires est située beaucoup plus au sud : c’est leCharco Muerto, protégé contre le vent alizé par l’ile de Zapatera.