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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
au loin. La ville est directement alimentée de l’eau du lac par unemachine à vapeur qui donne à ses fontaines cinq fois plus d’eau que n’enapportaient naguère les quatre mille femmes et enfants descendant et gra-vissant deux fois par jour le sentier tracé en écharpe sur les parois du lac.
Jinotepe, ville des hauteurs, située à 706 mètres d’altitude au sud-ouest de Masaya , s’enrichit par ses nombreuses cafèteries, tandis que Nan-daimé, dans une belle vallée qui s’incline vers la haie du Charco Muerto,est le centre des riches plantations de cacaoyers : c'est près de là que setrouve le fameux domaine de Yal-Ménier, dont les produits sont vendusdans le Nicaragua même : ils ont une valeur commerciale trop élevéepour servir à la fabrication des chocolats communs. A 8 kilomètres àl’ouest de Nandaimé se voient les ruines d’un Nandaimé Yiejo, que l’oncroit avoir été détruit par un tremblement de terre.
Ilivas, dans la partie la plus étroite de l’isthme qui sépare le lac deNicaragua de la mer du Sud, aurait le droit de se dire la « métropole »de la République . C’est là que résidait le chef des Niquiran, le caciqueNicarao, dont le nom, disent la plupart des chroniques, est devenu celuidu pays tout entier; là fut le point de départ de l'œuvre de conversion etde conquête : Bobadilla y baptisa plus de "29 000 personnes en l’espace deneuf jours 1 . Pourtant aucune ville espagnole ne se fonda en cette admi-rable contrée et le village indien de Nicarao-calli ne prit le rang de villequ’en 1720, au grand déplaisir des habitants de sa rivale Granada. On ladésigna longtemps sous le nom de « Nicaragua », mais depuis le commen-cement de ce siècle l’appellation de Rivas a prévalu. La population indiennemétissée, composée de jardiniers et petits cultivateurs, dominant dans lesquartiers du centre et dans les faubourgs, donne à l’ensemble une phy-sionomie champêtre des plus gracieuses : rues et ruelles passent entre leshaies de cactus, les vergers, les plantations; de toutes parts la verduredes jardins pénètre dans l’intérieur de la ville. Au delà des faubourgs, desvillages aux maisons éparses, Obrage, Potosi, Buenayre, continuent Rivas jusqu’à des lieues de distance; à l’est, elle descend de sa terrasse pours’unir à San-Jorge, son port sur le lac de Nicaragua . Quelques villages etla bourgade d’Alta Gracia se montrent, en face de Rivas, sur la plaine quitermine au nord les hautes îles jumelles d’Ometepe .
Sur la côte du Pacifique, les hameaux de Brito et de San-Juan del Sur,nommé aussi la Concordia, rappellent les projets des ingénieurs pour lecreusement du canal de Nicaragua , et tôt ou tard l’ouverture de la voie