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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
valles (1454 mètres), cône d’une forme régulière, se terminant par deuxmornes entre lesquels une large dépression fut probablement un cratère.La partie terminale de la montagne éteinte est couverte d’une forêtpresque impénétrable que les vents violents du nord-est ont étalée, cou-chée sur le sol, pour ainsi dire : en escaladant les pentes, on ne peutpasser sous les branches, il faut grimper au-dessus, comme ailleurssur les puissantes racines des ccibas ou des ébéniers. Les pentes inférieuresdu Miravalles, au contraire, sont revêtues d’herbes, sans doute parce queles laves rejetées anciennement par la montagne ne se sont pas encoreassez décomposées pour alimenter la végétation forestière, mais partout oùle sol ne consiste qu’en cendres transformées par le temps en humus,la fécondité du sol est merveilleuse. A la base du volcan coulent les eauxthermales cl jaillissent les vapeurs sulfureuses des Hornillos ou « PetitesFournaises ». Un ruisseau issu de cette montagne roule un flot violacé,nuance que donnent probablement le manganèse et le cuivre 1 2 . C’est aussiau dégagement des gaz sulfureux qu’une montagne voisine doit son nomde Iledionda ou la « Puante ».
Au delà du Miravalles et de sou voisin le Tenorio, la crête des monts, —los Cerros de los Cualusos, — recouverte de forêts, se profile vers le sud-est.sur une longueur d’une centaine de kilomètres, sans qu’un seul volcandresse son piton sur le faîte. La première montagne fumante se trouvedéjà vers le centre de l’isthme : c’est le volcan de Poâs (2644 mètres),simple boursouflure au sommet du plateau, contenant dans l’un de ses troiscratères un lac d’eau bleue qui se déverse par le rio Angel dans le Sara-piqui ; le cratère supérieur renferme un laguet d’eau chaude, d’où lesvapeurs s’élancent parfois pour monter à des centaines de mètres dansl’atmosphère en volutes resplendissantes 5 . On désignait jadis le volcan sousle nom de Yotos ou « Vœux », soit parce qu’il avait été solennellementbaptisé en 1815 et « voué » à Juan de Dios, soit plutôt parce que lesIndiens Yotos parcouraient les forêts de ses pentes septentrionales : le nomactuel de Poâs lui vient aussi d’une peuplade d’indiens. Dix-neuf ansaprès son baptême, le volcan faisait éruption et détruisait forêts et pâ-turages dans les alentours 3 . Le voisin oriental du Poâs, le Barba, quiest aussi un volcan, mais apaisé, et dont le cratère est devenu lac, est unpeu plus élevé ('2855 mètres), et plus loin se montre le géant des vol-cans costa-ricains, l’Irazü. Pourtant cette montagne, qui s’élève au nord de
1 Yalentini, Petermann's MiltheUungcn, 1861, Heft IX.
2 H. Pittier, Informe sobre el aciual estaclo (Ici volcan Poâs, 189C
5 Frantzius, Petermann's Mittheilungcn, 1861, Heft X.