Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
546
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

54ti

nier en face île l'extrémité méridionale de la péninsule du golfe de Nicoya,tandis qu’un autre fleuve, le Tempisque, s’épanche dans l’estuaire septen-trional du gollé, après avoir parcouru l’isthme bas qui fut un détroitentre la presqu'île de N'icoya et la terre ferme. Toutes ces rivières contri-buent à combler le golfe par les alluvions qu’elles déposent, mais la prin-cipale cause des atterrissements est le courant du sud-est qui pénètre dansla baie en longeant la côte et ramène dans l’intérieur, vers l'extrémiténord-occidentale du golfe, tous les troubles et les débris animaux et végé-taux qui s’amassent sur les plages'. La profondeur moyenne du bassinn’atteint pas même 20 mètres.

Le golfe de ÜNicoya, ainsi nommé d’un chef que les Espagnols converti-rent avec six mille de ses sujets, est, par ses contours et la forme des mon-tagnes qui l’enceignent, l’un des plus beaux ensembles de paysages merveil-leusement rythmés, comme le golfe de Naples, le Bosphore ou le détroit deSimonosaki; mais rares encore sont les hommes fortunés qui peuventadmirer ces tableaux : les hameaux, les bourgs de ces rivages ne sont pasde ceux dont le nom retentit dans l’histoire. Des îles, grandes et petites,hautes et liasses, sont éparses dans les eaux du golfe, et contrastent, parla verdure foncée de leur végétation forestière, avec l’azur des montagneséloignées. L’île la plus rapprochée de l'untarenas, le port de la Républiquesur la mer du Sud, offre _ c ressemblance de profil avec l’ile de Capri :c’est file de San-Lucas, dont on a fait une prison. Elle est fameuse dansl’Amérique Centrale par la légende de l’immense butin qu’y auraient cachéjadis des corsaires naufragés : nombreuses, mais inutiles, ont été les ex-péditions des chercheurs qui ont remué le solde l’îlc dans tous les senspour retrouver le trésor. Letîolfo Dulce, beaucoup plus profond que celuide Nicoya , n’a point d'iles dans son bassin.

.De même que le Mexique et le Guatemala, le Costa-Rica offre la succes-sion des trois zones, « chaude », « tempérée », « froide»; seulement lesclimats locaux et l’étagement des espèces végétales diffèrent par les milledétails de l’altitude, de l’exposition, du voisinage. D’ailleurs les conditionsclimatiques d’un seul point du Costa-Rica, la capitale San-José , ont étéétudiées avec précision ; mais il est vrai que plus du quart de la populationcosta-ricaine se presse dans celte ville et ses alentours, et que les neufdixièmes des habitants de la République se sont groupés en terre tempérée,sur le plateau qui borde au midi la chaîne des volcans. Dans l'ensemble,le climat du Costa-Rica est essentiellement maritime, bien égalisé par les

G. Atwood, Quarterhj Journal of the Geological Society, Aug. 1. 1882.