CHAPITRE Y
PANAMA
Partie intégrante de la Colombie en vertu de sa délimitation politique,et sans nul doute conformément au vœu de ses habitants, la province dePanama est en entier comprise, au point de vue géographique, dans l’Amé-rique Centrale , et même elle en est la fraction typique, par sa formed’isthme serpentin, d’étroit ruban, flottant, pour ainsi dire, entre les deuxmasses continentales. L’histoire de sa découverte, l'origine de ses popu-lations indigènes et immigrées, enfin les questions de travaux publics etde commerce auxquelles a donné lieu le problème du percement, ont aussiclassé la province de Panama dans le meme ensemble (pie les Etats isth-miques de l’Amérique Centrale .
Les limites politiques ne sont pas encore définitivement tracées entre larépublique de Costa-Rica et la Colombie ; mais en attendant que la questionsoit réglée olliciellement par arbitrage, elle l’est en fait, par le mouvementspontané des populations. Tandis que les Costa-Rieains, presque exclusive-ment cantonnés dans la partie septentrionale de leur domaine, ont laissétoute la région méridionale du territoire aux tribus indiennes, les espacescolonisés de la contrée en litige, sur les rivages des baies de David et deChiriqui et dans les vallées de l’intérieur, sont occupés par des Colom-biens ayant pour centres d’appel les villes de la province de Panama :c’est à eux qu'appartient la force d’expansion, et nombre de leurs famillesse sont établies dans le Costa-Rica , par delà la frontière que revendiquele gouvernement de la Colombie . Aussi, en essayant de calculer la su-perficie de la province, doit-on accepter provisoirement la délimitationindiquée par les cartes colombiennes suivant une ligne presque droite,tracée de l’extrémité de la pointe de Buriea au promontoire occidental dela Boea del Drago. à l’entrée de la Rallia del Almiranle. La plus grande