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NUl'VELLK GÉOGRAPHIE EMVERSELLE.
passage plus bas encore, celui de la Culebra ou de la « Couleuvre », àS7 mètres au-dessus du niveau des deux mers, dont l'écartement en cetendroit est de 56 kilomètres en droite ligue. Plusieurs de ces pointes etcroupes basses sont recouvertes de gros blocs blanchâtres, qui contrastentavec la teinte rouge du sol et qu’on prendrait d’abord pour des moraines;mais ce ne sont en réalité que les durs noyaux des rocbes, non encore trans-formées en argile par l’action des intempéries.
La constitution géologique des terres de l’istlune prouve qu’il n’y anullement eu simultanéité dans la formation des diverses parties du bar-rage : tandis que la cordillère de Yeragua est composée surtout de rochesprimitives, granits et syénites, gneiss et schistes, les collines de Panama consistent en dolériles et en trachyles décomposés à la surface' et quel’on « coupe à la pelle comme du fromage ». Les saillies sont revêtuesd’une couche d’argile et de terre végétale olifant une épaisseur moyenned’une dizaine de mètres'; mais ces hauteurs d’origine volcanique ne pré-sentent nullement l’aspect de cônes d’éruption ayant rejeté leurs cen-dres eL scories à l’air libre: les tufs et les conglomérats ressemblent auxdépôts du même genre qui recouvrent les pentes et les bases des volcanssous-marins 3 . Les éruptions ont donc eu lieu à une époque où les eauxdes deux océans s’unissaient en détroit; la disposition plus ou moins annu-laire des sommets rappelle aussi la forme des buttes d’éruption qui sedressent sur le pourtour des plateaux océaniques. Les bancs de calcaires(pie l’on a reconnus dans certaines parties de l’isthme sont remplis defossiles qui vivaient probablement dans l’océan aux premiers âges del'époque tertiaire et dont les représentants se retrouvent encore pourla plupart dans les mers voisines. C’est à peine si le détroit est fermé, et l’onsait que les ingénieurs ont, quoique sans succès jusqu’à maintenant, tentéde le rouvrir. Du moins une route et une voie ferrée utilisent-elles labrèche de l’un à l’autre océan.
Au delà du seuil de la Culebra, les chaînons montagneux recommencent,en s élevant graduellement vers l’est. Les collines de Maria-Enriquez attei-gnent déjà 400 mètres, et celles de Pacora, qui en forment le prolonge-ment oriental, dépassent 500 mètres ; puis, dans le voisinage du golfe deSan-Blas, se dresse un nœud montagneux que vient rejoindre une chaînecôtière orientée de l'ouest à l’est, le long de l’Atlantique : une de sespointes, immédiatement à l’est de Puerlo-Belo, atteint 915 mètres. Les
1 De Roucheporn, Bulletin île]la Société Géologique de France , 1" série, vol. XV.
* J. Murcou, Bibliothèque universelle et Revue suisse, septembre 187!l.