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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Chucunaquc, au sud-est, le haut Tuyra, bordés de forêts épaisses; mêmeen plusieurs endroits où le lit fluvial a plus de 40 mètres outre les deuxrives, les arbres entremêlent leurs branches d’une berge à l’autre et for-ment ainsi des pasos de monos ou « passerelles de singes » En aval de cha-que rapide les eaux tournoient en longs remous que dessinent les convoisde troncs entraînés en rondes incessantes. Avant de sortir de la région desmontagnes, chacune des deux rivières commence la partie maritime de soncours, indiquée par le va-et-vient de la marée : à la zone de rencontre ducourant fluvial et du (lux de la mer, les arbres apportés par le Ilot sepressent en radeaux naturels qui occupent toute la largeur du lit, et lespirogues peuvent à grand peine forcer le passage. Enfin, sortis des plainessupérieures, le Tuyra et le Chucunaquc s’unissent en un beau canal de500 mètres en largeur et de 10 mètres en profondeur, ayant un débitmoyen de 52 mètres cubes par seconde 5 . Des marais, qui furent des litsfluviaux, bordent le courant et en rendent l’accès par terre très difficile.Plus loin, le fleuve se change graduellement en estuaire et l’estuaire engolfe. Le magnifique port dit havre Darien, incomparable porte d’entrée pourune future voie interocéanique, mêle ses eaux à celles du golfe de San-Miguel par les deux détroits de Boca Grande et de Boca Chica, « bouches »où les courants atteignent parfois une très grande vitesse à l’entrée et à lasortie 3 . Sur les promontoires la végétation est admirable. La rive du capGarachin, assez élevée, disparaît complètement sous les arbres, hauts detrente mètres, dont le tronc, colonne blanche et droite, soutient un dômede verdure sombre : « pas une liane, pas un épiphyte n’amoindrit cetriomphe de symétrie et de puissance 4 ».
Sur la côte atlantique de la province la découpure la plus profonde dulittoral est celle que forment les deux haies ou « lagunes » de l’Almiranteet de Chiriqui, dans lesquelles on pénètre de la haute mer par trois passa-ges principaux, la Boca del Drago, la Boca del Toro et la Boca del Tigre,toutes assez creuses pour donner accès aux plus grands navires; c’esten l’honneur de Colomb , qui, en 1505, visita ces parages, que la baie del’« Amiral » a reçu son nom : de même l’île, colline boisée, qui prolongela côte ferme entre la « Bouche du Dragon » et la « Bouche du Taureau »,s’appelle isla Colon, et une autre terre dans l’intérieur de la baie est diteisla Cristôbal. La baie de l’Amiral est un vaste ensemble de ports, comme