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Livre XVII. Indes occidentales.
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IM)IGENES DU DARIKN.

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appartiennent, malgré la différence des dialectes, à une seule et mêmenation*, celle des Cuna ou Cuna-Cuua, appelés aussi les Ti ou «Gens desRivières », parce que leurs cabanes isolées ou leurs villages s’élèvent tou-jours au bord des eaux : c’est ainsi que, dans le bassin de l’Atrato , lesIndiens Cboco sont désignés par le nom de Do, mot qui, dans leur langue,a précisément la même signification*. Les Cuna, de même que la plupartdes autres nations, se disent les Tulé, c’est-à-dire les « Hommes » parexcellence. On les croit de race caraïbe , et les plus fiers d’entre eux, ceuxqui ont maintenu le plus énergiquement leur indépendance, vers lessources du Cbucunaque et de la Caiïaza, affluent du Bayano, sont considéréscomme des immigrants Goajiros venus de la péninsule médiaire entrela Colombie el le Venezuela ; mais celle assimilation gratuite entre deuxtribus éloignées l’une de l’autre ne provient-elle pas simplement de ce queles Cuna du Chucunaque ont su, comme les Indiens de la Goajira, resterlibres et conquérir le respect de leurs ennemis?

En général, les Cuna sont petits, trapus, avec une grande tendance àl’obésité : ils ressemblent fort aux Guaymi, si ce n’est qu’ils ont en généralle teint moins foncé. Les albinos ne seraient pas rares parmi eux, et <;à el làdes hommes à peau blanche et aux cheveux roux témoigneraient du passagefréquent et du long séjour des pirates dans le pays des Cuna. D’ordinaire,leur chevelure est Irès noire, drue et très abondante; elle ne tombe, pourainsi dire, jamais avec l’âge et blanchit rarement, mais la barbe manque;les yeux sont très légèrement bridés. Autrefois ils se tatouaient; mainte-nant ils se bornent à s’enduire le corps avec le jus noirâtre de la jagua(garripa americana ), qui leur tient la peau fraîche, et dans les grandesfêtes ils se {teignent la figure de traits rouges au moyen du roucou (bixanrellana)*. Leur langage est une sorte de cantilène: à chaque phrase suc-cède une pause que les interlocuteurs utilisent pour approuver longuement.Dans la langue cuna, le système de numération est vigésimal comme dans leparler des Aztèques, ce qui semble indiquer que l’influence de la civilisa-tion nahua pénétra jadis jusque dans cette région terminale des isthmes.

Les coutumes et les mœurs des Cuna diffèrent peu de celles des Guaymi.Même ceux qui ne sont pas en contact immédiat avec les « Espagnols »s’hispanifient ; tous prennent part au commerce, comme expéditeurs oumarchands de grains de cacao sauvage, de. noix de coco, de caoutchouc,d’ivoire végétal ou tagua, et ce trafic introduit de plus en plus les objets

1 Alph. Pinart; — Viguier, Mémoires de la Société d’Anthropologie, 1878.

a Alph. Pinart, Armand Reclus , Lucien B. Wyse, mémoires et ouvrages cités.

5 Alph. Pinart, Revue d'Ethnographie, 1887: —• Lucien H. W yse, Le Canal de Panama .