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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
étrangers dans le pays. Costume, instruments et armes, tout change peu àpeu ; l'évêque Thiel, qui visita ces Indiens quelques années après Yiguier,Wyse et A. Reclus, et qui baptisa la plupart d’entre eux', ne retrouva plusles indigènes tels que les avaient décrits Wagner 5 et les explorateurs fran-çais 5 . Chaque groupe de maisons avait son cacique ou eapitan et sonlidé, à la fois prêtre, rebouteur, magicien. Le troisième personnage de lacommunauté était le comoturo, musicien officiel, chorège et maître descérémonies ; quant à Vurumia , c’était le veilleur, à la fois agent de policeet garde champêtre. La femme accouche dans une cabane isolée, sous lasurveillance d’une vieille, qui, après avoir baigné la mère et l’enlant dansla rivière, les porte au lélé pour les soumettre à des fumigations de tabacet chasser ainsi le mauvais sort. Comme chez les Guaymi, la puberté de lajeune fille donne lieu à une fête; pour la première fois elle reçoit un nompublic et un nom secret, et dès l’année suivante elle a le droit de se marieravec l’homme de son choix. 11 n’est pas rare chez les Cuna que le frèreépouse la sœur : d’après Armand Reclus , ce seraient même les unions lesplus fréquentes; l’époux est considéré comme ayant des droits sur toutesles femmes auxquelles l’apparente le mariage". Cependant les mœurs sonttrès sévères : les enfants réputés illégitimes sont enterrés vivants ou jetésà la rivière, et l'étranger qui assisterait à l’accouchement d’une femmeserait puni de mort. La coutume de la « couvade » prévaut dans toutes lestribus de la race 1 * 3 4 ; d’ailleurs les blancs et les noirs du littoral néo-grenadinpartagent plus ou moins la superstition qui porte le mari à se croire soli-daire par la souffrance des couches de la femme : à la maladie de l’épouse,le madrejon, correspond le padrejon de l’époux. Quand un Cuna meurt,on suspend à sa cabane un bec de toucan, sans doute afin que l’oiseauaccompagne le défunt dans l’autre monde, et l’on met dans le tombeau desprovisions pour le voyage. Chez quelques peuplades les morts sont placésdans un hamac et l’on croit qu’ils errent misérables dans le pays desombres aussi longtemps que les cordes d’attache ne se sont pas rompues 5 .
Le commerce n’a fait encore qu’effleurer, pour ainsi dire, les côtes atlan-tiques entre Chagres et la baie de Chiriqui. La « ville « de Caslillo de
1 Polakowskv, Peiermnnn's Mittcilungcn, 1886, Heft IX
- Moritz Wagner, Peiermanns Miltlieilungen, 1862.
3 G. Vignier. mémoire cité.
4 L. B. Wyse, ouvrage cité.
0 A. Pinart, B Thiel, Polakowskv, mémoires cités.