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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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ou de Colon el en d’autres points de l’archipel, d’où leur descendance s’estpeu à peu propagée sur tout le pourtour de la haie. Le hourg le plus consi-dérable, dit Boea del Toro, parce qu’il se trouve en effet sur le bord du dé-troit de ce nom, dans l’île de Colon et à l’entrée de la lagune de Chiriqui,est celui que fondèrent ces immigrants d’origine africaine: en 1885 ilcontenait une population d’environ cinq cents personnes, presque toutesde couleur, qui faisaient un commerce assez actif de cocos, d’écaille detortue, de salsepareille, de bois de teinture. Le port de Boca del Toro,bien protégé par les îles avoisinantes, est assez profond pour les naviresd’un fort tirant d’eau; en face, sur la rive occidentale de l’isla Basli-mentos, appelée en anglais Provision-island, s’étend un village entouré dejardins d’où viennent en effet les bananes, les patates, les ignames et autres« vivres » pour l’approvisionnement des navires de passage. La villenaissante de Boca del Toro est de celles qui peuvent compter sur ungrand avenir, car un jour elle deviendra le havre d’exportation des char-bons de la côte, des phosphates de l’Escudo de Veragua et des denréescoloniales de l’intérieur. Quant à l’or, on n’en a pas découvert les minesexploitées lors du voyage de Colomb , qui sut, « en évitant le scandale,priver de tousses grains d’or le prince de Veragua ».

Sur la terre ferme, le principal établissement commercial est celui detiobrante, situé sur la rivière Chiriqui-nmla, à la tète de la navigation, etpeut-être à l’endroit où les conquérants avaient bâti le Castillo de Auslria.Lu sentier difficile s’élève de tiobrante vers le valle Miranda, peuplé d’in-diens Guavmi, puis vers la crête de la Cordillère, pour redescendre dansles plaines de David ; mais le chemin le plus aisé, praticable même auxchevaux, commence beaucoup plus à l’ouest, sur la baie « Française », elpasse par l’un des cols voisins du cerro Iforqueta : ce sera tôt ou tard l’unedes voies internationales de l’isthme américain. David, le chef-lieu du dépar-tement de Chiriqui, est une petite ville située à une vingtaine de kilomètresdu Pacifique, dans une plaine coupée de ravins et divisée ainsi en enclosnaturels de pâturages pour les bestiaux, principale richesse de la contrée;au nord se redresse le cône superbe du Chiriqui, dont les premières pentessont couvertes de cafèteries. Des bateaux d’un faible tonnage pénètrent dansles petits ports voisins, Pedregal, Canafistola, et viennent y charger desdenrées pour Panama . A une vingtaine de kilomètres à l’ouest, sur le rioChico, l’humble village d’Alanjc est le reste de l’ancienne capitale de la con-trée et d’un lieu de marché, sur la route des caravanes qui se rendaientautrefois de Guatemala à Panama .

Plus loin, à Bugabita, près du village de Bugaba, on a découvert des