ISTUMES DE PANAMA, DE SAN-BLAS ET DE DARiEN.
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Dios, fondée par Nicuesa dès l’année 1510, n’a point laissé de traces et l’onne sait pas même on s’en trouvait l’emplacement : il est probable qu’elleoccupait le bord de l’une des baies qui se succèdent entre la pointe deMan-zanillo et la péninsule de San-Blas, sur la convexité septentrionale del’istbme : un sentier de foret l’unissait à Panama . Au fond du [golfe deSan-lîlas, ce vaste et profond bassin où dix mille navires seraient à l’aise,seulement quelques hameaux de Cuna sont épars sous les groupes decocotiers. Les Indiens de l’arcbipel San-Blas, restés jusqu’à maintenantlibres de toute autorité colombienne, vendent les produits de leurs cacao-yers et de leurs palmeraies, ainsi que des écailles de tortue, qu’ils dé-tachent par le feu du dos meme de l’animal et sans le faire périr; pourconserver l’espèce, ils s’interdisent aussi de loucher aux œufs'.
On s’attendrait à trouver une roule en face des îles San-lîlas, là où l’isthmeest le plus rétréci. Du moins a-l-on projeté d’y creuser un canal inter-océanique. Mac-Dougal, le premier, en 1864, et depuis, Selfridge, Wyse etA. Reclus, à différentes époques, ont exploré cette contrée : on sait, grâceà eux, que le tracé du canal aurait seulement 55 kilomètres de longueur,dont plus de 10 kilomètres par le lit profond de la rivière Iîayano; maisles cordillères du faîte, où le voyageur Cullen prétendait jadis avoir trouvédes brèches descendant presque jusqu’au niveau de la mer, ont au con-traire plus de 500 mètres de hauteur aux cols les plus bas, et le canaldevrait y passer en tunnel, sur une longueur diversement évaluée de 1 1à 15 kilomètres. Le versant du Pacifique a pour chef-lieu le gros bourgde Chepo, entouré de savanes et commerçant avec Panama par une routemal entretenue et par le cours inférieur du Iîayano, que les bateauxremontent jusqu’au port delà Capitana. A l’est, la contrée était autrefoisdéfendue contre les Indiens par le fort de Terrable, ruiné maintenant. Lapopulation de Chepo et des campagnes avoisinantes se compose de noirs,fort peu croisés avec blancs ou Indiens.
La baie de Calédonie , qui s’ouvre sur la côte atlantique, à 200 kilomètresenviron au sud-est du golfe de San-Blas, et non loin de Putricanti, villagele plus populeux des Indiens Cuna, rappelle des tentatives de colonisationdéjà anciennes. Un havre, appartenant à la même échancrure du littoral,porte le nom de Puerto-Eseoeès ou « Port-Ecossais » donné, comme celuide Calédonie , en l’honneur du groupe d’Ecossais qui, sous la conduite dufinancier Patterson, vint, en 1698, s’établir en cet endroit : c'était pour luila « Clef du monde », et Puerto-Escocès aurait pu le devenir en effet si
1 Orlando Roberts, Voyage lo Nicaragua.