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Livre XVII. Indes occidentales.
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G-46

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

sur la terre nouvelle où ils se trouvaient transportés, s’unir en groupescompacts et tenter des insurrections ayant quelque chance de réussite.Avec la science de l’oppression que leur donnait l’intérêt, les planteursveillaient à ce que les lots de nègres offerts par les traitants fussent com-posés de gens distincts par la langue et l’origine' : de cette manière lesconspirations étaient rendues presque impossibles, puisque les esclaves nepouvaient se comprendre ou même, anciens ennemis, se rappelaientles luttes d’autrefois. Dès le jour où ils entraient sur les plantations del’acheteur, les noirs étaient obligés d’apprendre la langue du maître :parmi les compagnons de chaîne, ils ne trouvaient point d’amis oud’hommes auxquels les rattachât d’autre lien que le malheur commun ;il leur fallait ou mourir de langueur ou s’accommode]'à la vie nouvelle.Ces procédés d’asservissement expliquent la rareté des mots d’origine afri-caine que renferment les parlers des Antilles . Mais si les nègres ne pou-vaient travailler à leur émancipation comme nation distincte, ils n’en con-stituaient pas moins une classe déplus en plus solidaire, et en 1790, lorsqueles mulâtres de Saint-Domingue furent appelés, comme électeurs, à exercerleurs droits politiques, les noirs se sentirent assez forts pour revendiqueraussi leurs titres d’hommes : après deux années de luttes, ils finirent parimposer à la métropole le décret d’affranchissement, que, huit années après,Bonaparte essaya, maison vain, de déchirer. Ce fut le commencement del’ère nouvelle pour les Antilles . Successivement l’esclavage dut être abolidans toutes les îles des Indes Occidentales : en 1832 dans les colonies bri-tanniques, en 1848 dans les colonies françaises ; l’acte suprême de latransformation économique des Antilles s’accomplit en 1886, quand ledernier esclave de Cuba fut libéré.

Malgré les différences d’origine, les « créoles » des Antilles , c’est-à-diretous ceux, blancs ou gens de couleur, qui sont nés dans les îles, offrentcertaines ressemblances dues au milieu. Ils sont d’ordinaire bien faitset de belle taille, vigoureux et souples, d’un courage aventureux, vifs,spirituels, pleins d’imagination et de fantaisie, parfois aussi inconstants,vaniteux et futiles. Le patriotisme local a souvent réuni les créoles detoutes les nuances de peau contre les blancs nouvellement débarquésd’Europe . Un fait remarquable, constaté par les voyageurs, est que noirset gens de couleur se sont modelés dans chaque île sur leurs anciensmaîtres et en partagent les qualités et les défauts. Entre les nègres hol-landais, anglais, français , espagnols, on observe les mêmes contrastes

* Daniel Mac-Kinnen, A Tour ihrough the Britislt West Indies.