Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
649
JPEG-Download
 

POPULATION DES ANTILLES

649

qu’entre les peuples dont ils ont pris la langue et auxquels ils s’associentde plus en plus par les traditions et le mode de penser. Rien ne rattache leMartinicais à l’Afrique : il est plus français que les Français restés dansquelque combe écartée des montagnes. Quant à la langue, elle est bienfrançaise aussi, quoique le nouveau venu ne la comprenne point toutd’abord; sous sa forme rudimentaire elle est réduite à quelques motsjuxtaposés naïvement et sans flexion, toujours prononcés d’une façoncâline et zézayante. Du moins témoigne-t-elle, surtout dans les proverbes,d’un merveilleux esprit d’observation et d’une étonnante finesse dans

N° l'.O. - PRÉPONDÉRANCE DES DIVERSES RACES DANS LES ANTILLES .

87"eo

.62'eo

î/*i,i/Z' r z£\

20;

10 '

60 *

85 ’

C.Pçrron

Préport c/cr-an ce c/c £7<s/7.

PréjOCrtc/ér&rtce c/e A'oJrs

ôo oon ooo

1000 Kil.

l’ironie. L’anglais des nègres est moins harmonieux que le français créole,mais il est également spirituel et concis : à l’exception de quelquesphrases très simples, l’Anglais non initié ne parviendrait jamais non plus àreconnaître sa langue dans le parler des insulaires de la Jamaïque ou de laBarbade. Le jargon le moins pur des Antilles est le papamiento des côtesvénézolanes, dont les principaux éléments sont le hollandais et l’espagnol et dans lequel se retrouvent encore quelques mots caraïbes et goajires.

La population des Antilles est considérable, de trois à quatre fois plusforte en proportion que celle du Mexique et de l’Amérique Centrale . Malgréles guerres incessantes et malgré l’esclavage, qui tue toute initiative chezle maître et chez l’asservi, les Antilles offraient aux commerçants et aux

82