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Livre XVII. Indes occidentales.
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RÉCIFS DES COTES Cl'BANAISES.

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retiennent les eaux stagnantes de l’intérieur; d’autres sont revêtus depalétuviers entremêlant leurs racines; des bayous sans courant, restesd’anciennes rivières, serpentent au milieu des roseaux; çà et là des lacsdécouverts brillent au soleil, tandis que d’autres nappes d’eau disparaissentsous les feuilles rondes des nénuphars; en certains endroits, une sorted’ilot porte un bouquet d’arbres, ailleurs s’étendent des savanes où sehasardent les bestiaux, mais la plus grande partie de l’espace n’offre quedes prairies tremblantes ou des fondrières, dans lesquelles hommes ni bêlesne peuvent s’aventurer. Le nom de savana-la-mar, qui s’applique ànombre de lieux sur les côtes des Antilles , rappelle l’aspect primitif dessavanes partiellement inondées par les eaux marines.

En dehors des rivages les îlots et les récifs constituent, comme les maraisde l’intérieur, une zone médiane entre la terre et la mer. Environ la moitiéde la côte insulaire est ainsi défendue par un faux rivage qui rend les abordsde Cuba très périlleux, mais où, d’autre part, on trouve d’excellents abris,dès qu’on a pu contourner ou franchir la ligne des brisants. Ces récifs etces îles qui frangent le littoral sont tous formés de calcaires d’originerécente : ils doivent leur naissance aux mêmes polypiers qu’en voguant surl’eau transparente on aperçoit au fond du lit marin,diaprant la roche ou lesable de leurs bouquets ondoyants et multicolores. Les roches émergées dela côte avec leurs grottes où résonne la boule, représentent, dans les chan-gements incessants de la surface terrestre, la période de l’histoire du globequi succède à la formation des assises calcaires de l’intérieur, percées decavernes où se glissent les ruisseaux. Mais elles se déposent avec plus delenteur que les récifs de la Floride et des Baliama tournés vers la houlemarine : les animalcules coralligènes prospèrent moins sur les côtes abri-tées que sur les rivages exposés au grand flot'. La croissance des récifscôtiers de Cuba , sur le littoral du nord, a été assez lente pour que lesrivières aient pu maintenir leurs estuaires en forme de lagunes à mesureque les roches se déposaient sur les deux rives : de là ce nombre extraordi-naire de bons ports que présente la côte cubanaise.

Quelques-unes des « caves » du littoral sont déjà de dimensions assezconsidérables pour former de véritables îles habitables dans les raresendroits où des mares d’eau douce apparaissent à la surface et où dessources jaillissent de la roche. Ainsi le cayo del Sabinal, puis le cayoGuajaba, le cayo Romano et le cayo Cocos, séparés par d’étroits passages,se développent au-devant de la côte cubanaise par un rivage extérieur de

1 Alexander Agassiz , Cruisc of ihe Blakc.