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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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plus de 200 kilomètres : le cayo llomano, le plus grand de ces récifsexhaussée, occupe une étendue évaluée à 440 kilomètres carrés, et troismonticules en accidentent la surface. Des salines naturelles se sont for-mées sur le bord de cette cave et des caves voisines : ce sont des dé]tres-sions de 50 à 40 centimètres séparées de la mer par des ourlets de corail;pendant les mois d’hiver, les vents plus lorts soulèvent les ondes, quisautent par-dessus la bordure de pierre, et forment à l’intérieur de vasteslacs d’eau tranquille; puis, quand viennent les chaleurs, l’eau s’évapore,laissant sur le fond et sur les bords des couches d’un sel blanc, parlaite-mentcristallisé, que l’on recueille pour les salaisons; les seuls « marais» ducayo llomano pourraient fournir une quantité de sel bien supérieure à laconsommation ordinaire de tous les Cubains.

La chaîne des cayes qui s’étend du Sabinal au Cocos est si régulière etcoupée de graus si étroits qu’elle peut être considérée comme une longuepéninsule parallèle à la grande côte; mais plus à l’ouest elle se continuepar une série de récifs que séparent de larges brèches et qui se poursuità une faible distance du littoral actuel : c’est comme un rivage futur déjàrattaché partiellement à la grande terre, entre Cardenas et Matanzas , parla flèche régulière dite Punta Icacos. Avec cette rangée occidentale d’ilotset de récifs l’ensemble de la rôle extérieure dépasse 500 kilomètres. Al’ouest de la Havane, de Bahia-llonda au cap San-Antonio, sur une longueurd’environ 225 kilomètres, d’autres franges de récifs bordent le littoral. Ilsreposent sur un lit de corail d’une faible profondeur dont on voit se dérou-ler, au-dessous des embarcations, le panorama changeant d’algues, decoraux, de bancs coquilliers.

Sur la côte méridionale de Cuba , les récifs et les îlots sont plus nombreuxencore que sur la côte septentrionale, mais ils n’offrent pas la même régu-larité et ne se développent pas en rangées parallèles à la rive, sans douteparce que les courants n’y longent pas les terres de près et n’y nettoientpas les fonds des myriades d’organismes constructeurs. Les massifs coralli-gènes ont pu croître au sud de l’île à une grande distance du littoral, danstous les parages où l’eau, relativement tranquille, n’est pas incessammentrenouvelée par des courants balayeurs. Ainsi les récifs sont peu nombreuxsur la partie de la côte que le canal du Vent baigne de ses eaux profondes,entre le cap Maisi et le cap de Cruz; ils manquent également vers le milieude la rive méridionale, là où vient aboutir la fosse profonde du Yucatan , etoù les eaux d’un courant latéral tournoient en longs remous; il ne s’en estpas formé non plus vers la pointe occidentale, dans cette baie de Corrientes,bien nommée des « courants » qui s’y heurtent et sont refoulés à l’ouest