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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

L’ile de Cuba esl certainement habitée depuis une époque très ancienne :on v a découvert, surtout dans la province orientale , aux alentours deBavamo, des haches de diorite et de serpentine appartenant à l’époque dela pierre polie; de même que les paysans d’Europe , les indigènes leur don-naient le nom de « pierres de foudre » et jadis elles étaient utilisées par lesrepasseuses pour marquer plus fortement les plis du linge. Les archéologuesont aussi exploré en plusieurs endroits des cnneycs, c’est-à-dire des amasd’ossements humains, et en 1849 M. Rodrigucz-Fcrrer découvrit sur uncayo situé au sud de Puerto-Principe une mâchoire humaine, qu’une com-mission de savants espagnols reconnut comme fossile; plus lard il retirad’une nécropole située près du cap Maisi des crânes d’aborigènes qui sedistinguent par un front déprimé artificiellement : c’est là, semble-t-il, untrait de ressemblance avec les hommes représentés sur les murailles dePalenque . Peut-être les uns et les autres appartenaient-ils à la même race?

Quelle était l’origine de 0 Indiens que vit Christophe Colomb en 1492,lors de son arrivée dans file? Un fait certain est que, à l’exception des sau-vages Guanataveis ou Guanahatahihes, cantonnés dans la péninsule occi-dentale, près du cap San-Antonio ', les Cubains parlaient la même langueque les Yucayos des Bahama et les indigènes d’Haïti et de la Jamaïque : or,les noms de lieux que les conquérants énumèrent à Espanola étant par-tiellement arouaques, on en a inféré que les habitants des Grandes Antilles étaient pour la plupart des Arouaques, venus de l’Amérique méridionale 5 ,où leurs parents habitent encore les bords de l’Essequibo et du Surinam ,ainsi que les hautes vallées de la Sierra Aevada de Santa-Marta. D’autrepart, lorsque Grijalva fit son expédition de découverte sur les côtes duYucatan , il était accompagné d’interprètes cubains qui conversaient sanspeine avec les indigènes, et l’on y voit la preuve, sinon qu’ils appartenaientà la même race, du moins qu’ils étaient avec eux en relations fréquentesde commerce : les Maya, qui se disaient « issus de la mer», croyaient àleur parenté avec les insulaires voisins, et l’on connaît l’hypothèse d’Orozcoy Berra qui voit dans les Maya des immigrants venus de la Floride par lesBahama et Cuba .

Quoi qu’il en soit, les ressemblances étaient grandes entre les Maya duYucatan et les Cibuneyes de file voisine, tels qu’ils nous sont décrits par leshistoriens de la conquête. Les uns et les autres étaient trapus, larges de poi-trine et de face, bruns de peau, et leur front était artificiellement déprimé;

1 Bernat Biaz del Castillo, Historia verdadera de la conquista de Nueva-Espaha.

- Robert Schomburgk. Nouvelles Annales des Voyages, vol. Ht; — Brinton, Année Géogra-phique , 1872.