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Livre XVII. Indes occidentales.
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POPULATION INDIGÈNE DE CUBA.

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ils étaient également pacifiques, et chérissaient leur liberté du même amoursauvage. Toutefois les Cibuncyes étaient loin d’égaler les Maya en civilisa-tion. Nulle part on n’a trouvé dans l’ile de monuments comparables à ceuxde Palenque, d'Uxmal et de Chichen-Itza : es amas de pierres, des

tombeaux, des reliefs informes sur les rochers, sont les seuls restes attri-bués aux premiers habitants; on remarque surtout de grossières imagesreprésentant des lamantins en tout semblables à celles que les archéo-logues américains ont trouvées dans les mounds de l’Ohio* et donnant unegrande probabilité à la parenté des races. Leurs demeures, de formesdiverses, variaient suivant les tribus et le rang des personnages; d’ordinaire,c’étaient des barahaques, énormes constructions en branches et en roseaux,donnant abri à des centaines d'individus; ils avaient aussi de largesembarcations dans lesquelles ils s'aventuraient loin des côtes. Les Cibu-neyes cultivaient la terre et ils étaient aussi d’habiles pêcheurs: on racontequ’ils avaient l’adresse de diriger le poisson pegador ou reves (echeneisnaucrates) au moyen d’une longue corde; ils le lançaient vers les tortuesde mer, et dès que le poisson avait fixé sa ventouse sur la carapace de latortue, ils ramenaient à la fois le pêcheur et sa capture 5 .

En trois années, de 1512 à 1515, l’intérieur de File était reconnu et lapopulation, complètement soumise, avait déjà disparu de maint district :les Indiens ne résistaient pas, mais ils mouraient. Seul le cacique Ilatuei,venu d’IIaïti dans la partie orientale de Cuba , essaya de combattre : c’estcelui qui, sous la torture, refusa de se laisser baptiser, afin de ne pas allerau même ciel que les « bons «Espagnols. En 1524, les Indiens de Cuba avaient déjà diminué des deux tiers : les uns succombaient à la peine, lesautres hâtaient leur fin en mangeant de la terre et des cailloux ou bien dumanioc dont la farine contenait encore le suc vénéneux. En 1552, ditun rapport officiel, on ne comptait plus guère que 4000 Indiens à Cuba :vingt et une années avaient donc suffi pour faire disparaître presque com-plètement la race, cependant on connaît exactement les noms des diversespeuplades et les territoires qu’elles occupaient. En 1554, soixante famillesd’aborigènes errant dans la partie occidentale furent réunies en une sortede lazaret à Guanabacoa, près de la Havane 1 2 3 , mais quelques restes de tribussurvivaient dans les montagnes de la région orientale. Encore en 1847,Rodriguez-Ferrer visita, non loin de Tiguabo, dans une des vallées de lasierra Maestra qui s’inclinent vers la baie de Guantanamo , une famille

1 Rodriguez-Ferrer, ouvrage cité.

2 Gnniarn; Oviedo ; Pedro Martyr; Ilumboldl; Poey; Rodriguez-Ferrer, ouvrages cités.

3 ItciTcra, Description universal de laslndias.

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