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qués sur la plage écartée où devait se tenir le marché. On évalue' à un demi-million d’hommes le nombre des malheureux introduits par fraude à Cuba depuis l’abolition officielle de la traite en 1820 : une once d’or ou 84 francs,tel était le bénétice du négrier pour chaque esclave importé. Pendant lapériode où la traite était libre, le nombre des esclaves débarqués ouverte-ment n’avait pas été plus considérable 2 .
La population noire ne commença d’augmenter spontanément dans l’îleque vers la tin du siècle dernier, alors qu’après l’élimination successivedes célibataires, le nombre des femmes, sans égaler celui des hommes,suffit pour permettre aux familles de se constituer. Les esclaves finirentpar l’emporter sur les hommes libres : dès l’année 1791, on les évaluaità un peu plus de la moitié des habitants; mais la répression définitive dela traite, puis la guerre de la sécession américaine , qui se termina parl’abolition de l’esclavage dans la république reconstituée des Etats-Unis ,rendirent impossible le maintien de la servitude dans l’île espagnole :lors de l’insurrection des districts orientaux, les planteurs révoltés émanci-pèrent eux-mèmes et armèrent leurs esclaves contre les troupes péninsu-laires. Le gouvernement de la métropole, quoique toujours dévoué auxintérêts clés grands propriétaires, comprit enfin qu’il fallait céder, et en1880 une loi décréta l’abolition graduelle de l’esclavage. Sept annéesaprès, en 1886, l’émancipation définitive était proclamée : il ne restaitplus que 25 000 esclaves à affranchir. Le changement fut plus apparentque réel dans les plantations : les noirs, esclaves hier, continuèrent detravailler comme serviteurs; seulement le salaire direct remplaça la nour-riture et l’entretien 3 . D’ailleurs, même pendant la période de la servitude,les noirs cubanais avaient été moins durement opprimés que ceux des colo-nies d’autres nations : on leur avait garanti les « quatre droits », de semarier à leur convenance, de se chercher un nouveau maître quand lepremier était trop dur, de racheter leur liberté par le travail, et d’acquérirune propriété leur permettant, au cas échéant, de libérer leur famille 4 .
1 Ail. de Fontpertuis, Etais Latins de l'Amérique .
- Importation des noirs, de 1521 à 1821 :
415 500 d'après Ilumboldt ; 572 450 d'après Zaragoza .
5 Froude, The Englisli in the U’csi lndies.
4 Population libre et asservie de Cuba à diverses époques, avant l'émancipation :
Années.
Blancs.
p. ion.
Noirs libres.
p. 100.
Noirs esclaves.
p. 100.
Total.
1774
90 440
50,2
50 8i9
17,9
44 555
25,9
171 622
1792
153 559
49,2
. 54152
20,5
84 590
50,5
272 501
1817
259 850
45,4
11 i058
20,6
199 145
56
555 055
1840
895 707
05
149226
10,9
525 759
24,1
1 568 752
1875
915 000
67,8
220 000
46,2
255 000
16,6
1 560 000