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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

qui ne s’étaient pas soulevés, le gouvernement se trouvait obligé de voterune loi d’émancipation graduelle, sans dédommagement aux propriétaires,Cuba est désormais partie intégrante de l’Espagne et n’est plus commeautrefois sous une tulelle administrative humiliante. Les intérêts de lamétropole et de la colonie sont devenus beaucoup plus solidaires, grâceau rapprochement matériel produit par la facilité des communications.Actuellement l’Espagne parait beaucoup moins menacée de perdre sa« perle » qu’elle ne l’était il y a cinquante ans.

Le chef-lieu de Cuba , Ilabana ou la Havane, c’est-à-dire la « Savane »,d’après Bernai Diaz, ne fut pas la première cité fondée par les Espagnols ,et même elle n’occupe plus l’emplacement primitif où elle avait été bâtie.Venant d’Espaiïola, les conquérants devaient commencer par s’établir prèsde l’extrémité orientale de l’île, et ils firent en effet choix de Baracoa, prèsdu cap Maisi; puis, cheminant vers l’ouest, ils trouvèrent le port bienplus heureusement situé de Santiago de Cuba , qu’ils remplacèrent ensuite,comme capitale, par une ville de l’intérieur, Bayamo, dont le climat estbeaucoup plus salubre. La Havane, placée dans la partie occidentale de l’île,sur la baie de Broa, à l’est de la plage où se trouve aujourd’hui la bourgadede Batabanô, fut le quatrième chef-lieu de Cuba ; mais les abords en étaientdifficiles et le sol marécageux. La résidence dut être transférée sur la côteseptentrionale : c’était en 1519, sept années seulement après l’établisse-ment de Baracoa. Les premières maisons furent construites à la bouchede la gracieuse rivière de la Chorrera ou « du Bavin », appelée aussi Àlmen-dares ou « des Amandiers », là où s’élève actuellement le fort dit « desBoucaniers » ; puis la ville naissante se reporta plus à l’est, sur la pénin-sule qui sépare la mer du bassin de Carénas, où Sébastian de Ocampo, lepremier circumnavigateur de l’île, avait radoubé ses navires, en utilisantune source de bitume qu’on ne retrouve plus aujourd’hui, à moins qu’ilne s’agisse d’une fontaine assez distante du rivage, celle de Guanabacoa*.Désignée d’abord sous le nom de San-Crislôbal, la nouvelle capitale pritgraduellement l’appellation de Ilabana, qui était celle de la région.

Les tâtonnements avaient été nombreux, mais le choix définitif fut desmeilleurs. La Havane occupe un des endroits les mieux situés pour lecommerce. Les avantages locaux sont déjà très grands, puisque le port esttrès vaste et parfaitement abrité, que la péninsule est facile à défendre et

' Alex, de Ilumboldt. Histoire politique de Cuba