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CRÉOLES ET PÉNINSULAIRES, INSURRECTION I)E CUBA .
les armes avec cinquante de ses compagnons. Néanmoins la révolution était,pour ainsi dire, en permanence par suite des conspirations incessantestramées aux Etats-Unis parles fugitifs et les bannis et des difticultés diplo-matiques suscitées par le gouvernement des Etats-Unis : celui-ci voulutrégler définitivement la situation en achetant Cuba , et le présidentBuchanan offrit à l’Espagne la somme d’un milliard, refusée avec indigna-tion par les patriotes castillans. D’ailleurs la guerre de Sécession éclatapresque aussitôt après, et la république nord-américaine, menacée de dis-paraître, ne songea plus à s’annexer de nouveaux Etats.
Enfin la grande insurrection cubanaise éclata en 1808, à Yara, dansce même district oriental où tant de mouvements de révolte avaient eudéjà lieu. Cette fois, le soulèvement des blancs devait avoir pour complé-ment l’émancipation des noirs. On sait que les planteurs commencèrentpar mettre leurs propres nègres en liberté, et de domaine en domaine sepropagea rapidement la rébellion, trouvant déjà ses armées sur place. Dela sierra Maestra jusqu’au delà de Puerto-Principe , la nouvelle républiquecomprit plus d'une fois près d’une moitié de l’ile, et malgré les avantagesstratégiques extraordinaires que la disposition géographique de Cuba assu-rait aux Espagnols , possesseurs de la côte, des villes capitales, des grandsentrepôts de commerce et du réseau des chemins de fer occidentaux, lesinsurgés tinrent la campagne pendant dix années : il fallut diriger contreeux armée après armée. D’ensemble des forces envoyées de la Péninsulecontre les mambi — nom populaire des insurgés — dépassa 143 000hommes, sur lesquels près de cent mille, dit-on, périrent de maladies, defatigues et de blessures. Dans celte guerre pénible et sans gloire, l’Espagne dépensa le milliard qu’elle avait refusé d’accepter du gouvernement nord-américain .
Cependant les insurgés, toujours cernés et n’ayant que de rares et pé-rilleuses communications avec l’étranger à travers les rangs de leurs enne-mis, diminuaient en nombre d’année en année, usés par leurs défaites etmême par leurs triomphes. C’est en vain que la nouvelle république avaitinvoqué l’alliance de toutes les autres républiques du Nouveau Monde, envain que leurs chefs espéraient l’appui des Etats-Unis . Comme l’avait faitle président Buchanan, ils offrirent à l’Espagne leur signature pour trou-ver la rançon de l’indépendance cubanaise; mais il était trop tard, et en1878, après dix années de lutte, ceux qui restaient durent enfin capituler.D’ailleurs ils triomphaient, même en succombant, et dès le commence-ment de l’année 1880, les noirs et les Chinois qui faisaient partie desbandes insurgées recevaient leur pleine liberté, et même pour les districts
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