LA HAVANE.
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que les fertiles campagnes environnantes peuvent fournir en surabondanceles ressources nécessaires; mais c’est par sa position géographique relative-ment aux autres points vitaux de la superficie planétaire que la Havane estvraiment privilégiée. Située vers le milieu du Nouveau Monde, au centre dela grande méditerranée Américaine, elle se trouve précisément à l’originedu courant Gollier, et par conséquent au point de départ de la route natu-relle des Antilles vers l’Europe occidentale . En même temps elle est placéeau lieu de convergence des lignes de navigation qui de tout le pourtour duGolfe se dirigent vers la porte de sortie. Le delta du Mississippi, c’est-à-dire l’ensemble du bassin fluvial le plus populeux des Etats-Unis , s’ouvredirectement vers la Havane; enfin, par un contraste remarquable, c’estvers le continent anglo-américain que regarde la cité hispano-américaine,sentinelle avancée du continent latin. On comprend que la Havane se soitdonné le nom de LIave (Ici Xuevo Mundo ou « Clef du Nouveau Monde » etqu’elle porte une clef dans ses armes. 11 ne lui a manqué, pour s’éleverau premier rang parmi les cités commerçantes, que d’ètre libre, non sou-mise aux caprices et aux exigences fiscales d’un gouvernement lointain.Mais quoiqu’elle ait été singulièrement retardée dans son essor, en premierlieu par les attaques des corsaires, français et anglais , puis par le régimepolitique et administratif qu’elle a dû subir, elle n’en est pas moins, et debeaucoup, la première cité des Antilles : l’Angleterre, qui par ses posses-sionsjantiliennes rivalise avec l’Espagne, n’a point, de la Jamaïque à laBarbade , une seule ville qui, même de loin, puisse se comparer à la Havane.
Le corps principal de la cité occupe une péninsule orientée de l’ouest àl’est et se terminant par le promontoire du Morro, qui commande le gouletd’entrée, large de 540 mètres à l’étranglement du chenal. De l’autre côtédu passage, se dressent les collines de Cabanas, puissamment fortifiées etcroisant leurs feux avec la forteresse de Principe, dominant la ville à l’ouest,et d’autres ouvrages militaires qui se succèdent autour du port. En dehorsde la péninsule, des quartiers de construction récente se prolongent au sud-ouest, et des faubourgs grandissants montent à l’escalade des hauteurs surle pourtour du bassin. L’agglomération havanaise comprend plus d’unquart de million d’habitants, soit environ un sixième de toute la populationde file. L’aspect général, de la Havane n’a rien d’imposant par la beauté desédifices ou l’ordonnance des masses, mais l’ensemble plaît par la gaietéet l’animation des quais et des rues. Les maisons, basses pour la plupart,sont peintes de couleurs vives, jaune, rose, vert, bleu clair; la Havanerappelle Cadiz aux Espagnols de la mère patrie : des bouquets de pal-miers ornent les places, de larges promenades aux arbres touffus sépa-