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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
vernement espagnol, mlevoiiu maître de Cuba , restaura l’ancien régime,mais en 1818 le commerce lut enfin déclaré libre, et au lieu de vivoterdes aumônes du Mexique, l’ile de Cuba se trouva bientôt en mesure d’ali-menter de ses propres ressources le trésor de l'Espagne . Dans les annéesnormales, la mère patrie, vivant en parasite sur sa colonie, en relirait jus-qu’à 150 millions de francs'.
On évalue à un peu plus d’un quart de l’ile la superficie des terrains enlabour ou bien utilisés pour l’élève des bestiaux, et l’ensemble de larichesse agricole est estimé à cinq milliards. La principale culture de Cuba est celle de la canne saccharifère : dans la production annuelle du sucrede canne, la « reine du pays », dit un proverbe local, la part de Cuba estd’environ le quart de la récolte du monde. C’est à celte île qu'appartientle premier rang pour celte industrie, quoique d’autres contrées des tro-piques aient une superficie de terrains favorables à la culture bien autre-ment considérable : Java ne vient qu’en second lieu 2 . La valeur annuelledu sucre livré par les usines de Cuba s’élève en moyenne à 250 millionsde francs, non compris le rhum et les mélasses; mais ce revenu considérablese répartit en un petit nombre de mains, car les plantations sucrières,occupant ensemble 5400 kilomètres carrés, sont de vastes propriétés, etnombre d’entre elles, surtout dans les districts de Matanzas , de Cardenas,des Cinco-Yillas et de Guantânamo , produisent jusqu’à 5000 tonnes desucre par an; les usines de ces plantations sont admirablement outillées,pourvues des machines les plus parfaites, fabriquées par les constructeursde l’Europe et des Etats-Unis : à Cuba , c’est dans les campagnes et nondans les villes que se voient les œuvres les plus grandioses de l’industriemoderne. Près de la moitié des travailleurs employés dans les usines àsucre sont des blancs.
Dès l'année de la découverte du Nouveau Monde, les envoyés de Colomb remarquèrent que les Indiens de Cuba tenaient dans une main un tisonallumé et dans l'autre des feuilles sèches roulées, et que de temps en tempsils les allumaient, les portaient à la bouche et en aspiraient la fuméepar la bouche et par le nez. Ces feuilles étaient celles du tabac, que, depuis,Européens, Asiatiques, Africains, Océaniens ont appris à connaître et quidans l’île de Cuba ont gardé leur excellence. Si la culture du tabac n’a
1 Maver v Roz, Cuba y sus partidos poUticos.
- Production du sucre de canne dans le monde en 1887 : 2 740000 tonnes.
» » » à Cuba en 1888 : G57 000 tonnes (en 1886 : 850 407 tonnes).
Production du sucre de betterave dans le monde en 1887 : 2 453 000 tonnes.
Ensemble de la production sucrière : 5 187 000 tonnes, d’une valeur de 2 milliards.