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Livre XVII. Indes occidentales.
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AGRICULTURE, COMMERCE RE CUBA.

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pas clans la grande Antille autant d'importance que celle de la canne àsucre, du moins la qualité des produits, dans la Yuellu de Abajo, est-ellesans égale .dans le reste du monde. Quant au poids brut de la récolteannuelle, Cuba est dépassée non seulement par les Etats-Unis et l'insu-linde, mais aussi par un grand nombre d'autres pays producteurs, mêmepar la France, et dans la colonie espagnole de l’Extrême Orient, Manille estdevenue la rivale de Habana'. Toutefois une forte part des récoltes de tabacdes autres Antilles est envoyée aux fabriques albanaises*.

Ee café est, par ordre de valeur, la troisième denrée de Elle; elle étaitla première lorsque les planteurs français, réfugiés de Saint-Domingue ,se furent établis à Cuba . Grâce à cette culture, les campagnes offraientalors un tout autre aspect qu’aujourd’bui : le cafier croissant à l’ombre,la cafèterie était une plantation d’arbres, surtout d’arbres fruitiers. Desavenues traversaient ces beaux jardins sous les branches chargées de fleurset de fruits, l/invasion de la canne à sucre a fait abattre les vergers,détruire les jardins, remplacer les hangars pittoresques par les usines et lesmachines à vapeur. Ee pays a pris un aspect industriel et s’est enlaidi.Cette vulgarisation de la terre est même une des causes qui ont accru lemouvement d’émigration des grands propriétaires, presque tous établisdans les cités de Cuba et de l’étranger, après abandon de leurs vastespropriétés aux soins des gérants 3 . Outre le sucre et le tabac, l’ile produitaussi du coton, des céréales, du manioc, des fruits, mais en très petitequantité, proportionnellement aux besoins de l’alimentation : la grandeAntille ne peut subvenir à la subsistance de ses propres habitants. Diviséeen vastes domaines où tout le travail est dirigé en vue de l’exportation,Cuba doit importer du riz, du blé, des farines, de la viande, du lardet autres « vivres ». Quoique l’esclavage soit aboli à Cuba , le régime éco-nomique correspondant à cette institution n’a cessé de prévaloir.

Les animaux domestiques lâchés dans l’ile dès les premiers temps del’occupation y ont trouvé un milieu favorable, mais tout en se multipliant ilsse sont plus ou moins modifiés. Les chevaux eubanais, de race andalouse,ont perdu en stature et en largeur de poitrail, mais ils ont gagné en sobriété,en force d’endurance et en vitalité. Avant la grande insurrection de 18D8,ils étaient si nombreux dans l’ile entière, et principalement dans les régionsdu centre et de l’est, que personne ne voyageait;! pied : tous les insurgés,blancs et noirs, étaient montés, ce qui leur permettait de se déplacer parfois

1 Production annuelle du tabac à Cuba : 12 000 tonnes.

5 Terolim von fienko, ouvrage cité.

5 Dana, Tour du Monde, liSOO.