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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
saison, si abondantes que soient les pluies. Cette partie de la Jamaïque res-semble au Yucatan, plus encore à la Carniole , à cause de l’inégalité de sonrelief. 11 est peu de régions au monde plus riches en entonnoirs et enruisseaux souterrains; sur tout le pourtour du district calcaire les eauxreparaissent en sources. Çà et là les fonlis, les cavernes, les rejaillisse-ments de ruisseaux permettent de reconnaître dans tout leur tracé lesrivières cachées et leurs effluents; souvent le versant s’incline en sensinverse des pentes superficielles. Des lacs, soit à la surface, soit dans lesprofondeurs, se forment en amont des seuils rocheux.
La « rivière Aoire » (Black river) qui se déverse dans la mer du sud-ouest, est un des cours d’eau dont le bassin comprend le plus de galeriestributaires. C’est aussi la seule rivière de l’ile sur laquelle les embarca-tions à fond plat puissent voguer jusqu’à une cinquantaine de kilomètresdans l’intérieur. Les autres cours d’eau sont innavigables, même les deuxqui ont la plus vaste surface d’écoulement, le rio Minlio ou Dry River(rivière Sèche) et le Cobre : l’un et l’autre arrosent le versant mé-ridional de File, celui qui présente la plus grande largeur, mais quireçoit la moindre quantité d’eau, puisqu’il n’est pas tourné vers lesvents alizés. Pendant les crues, le Cobre roule parfois une masse liquide de2200 mètres cubes par seconde : son débit normal n’est que de J 1 mètres,et dans les maigres le flot est réduit d’un quart environ 1 . Comme les ri-vières du nord-ouest, le Cobre a ses bétoirs et ses sources rejaillissantes.
Le climat de la Jamaïque est celui de Cuba : il présente les memes con-trastes de rivage à rivage, de plaine à montagne, de côté d’amont à côtéd’aval. Déjà quelque peu défendue des vents pluvieux par Cuba et Saint-Domingue, la Jamaïque reçoit une part d’humidité un peu moindre, maiselle se trouve aussi dans la zone des averses tropicales et dans celle desouragans' : sur les pentes nord-orientales des Montagnes Bleues on a vutomber jusqu’à 2 mètres et demi d’eau par an, tandis que dans lesplaines de Spanish-lown, l’ancienne Yega, les pluies ont quelquefoismanqué complètement. J.a flore spontanée et la faune endémique del’Antille du Sud ressemblent à celles de ses deux voisines.
Un certain nombre d'espèces végétales ont été introduites d’Afrique parles navires de traite : l’une d’elles, la « fève de cheval » (canavalia
1 Jerolim von Benko, ouvrage cité.
8 Conditions météorologiques de Kingston (observations de dix-neuf années) :
Temp. movenne, 25°,9; temp. maximale, 55°,9; temp. minimale, 19°,A. Ecart, 10°Pluies moyennes pendant dix années : Ensemble de Lite, 1",69 ; Région nord-orientale,2”,19; Kingston (région méridionale), 1”,10.