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Livre XVII. Indes occidentales.
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CLIMAT, FLORE ET FAUNE DE LA JAMAÏQUE.

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ensiformis), fut probablement apportée par des nègres sorciers, car le fruiten est vénéneux et sert aux maléfices : on lui attribue aussi une vertu pro-tectrice contre les voleurs, et les nègres lui donnent le nom d ’overlook,dans le sens de « guetteur » ou de « veilleur », en lui confiant la gardede leur cabane ou de leur jardin ’. Une autre plante, l’arbre « trompette »,fournit aux noirs les branches poreuses dont ils fabriquent les llùtes ko ro-mand, espèce de hautbois aux sons doux et pénétrants 5 .

Les écrivains du seizième siècle énumèrent aussi parmi les animaux dela Jamaïque Vulco ou « chien muet » de Cuba , qui n’était probablementpas un chien, mais le pwcyon lotov, ils disent également que diversesespèces de petits singes vivaient dans les forets de l’ile. I/animal qui in-téressa le plus les premiers colons, et que d’ailleurs on retrouve dans lesautres Antilles, mais, comme dans la Jamaïque , menacé d’une prochainedestruction, est le crabe terrestre ( cancer ruricola), crustacé qui vit dansles montagnes et va déposer ses œufs au bord de la mer. Quand lesbestioles sortent de leurs fissures de rochers, vers la fin d’avril ou le com-mencement de mai, elles couvrent le sol par milliards, descendant endroite ligne vers le rivage, précédées par des bataillons de mâles, chargésd’explorer la voie. Arrivées sur la plage, elles courent jusqu’au liséré du flotqui déferle, et, délivrées de leurs œufs par le choc, les 'enfouissent dansle sable : aussitôt nés, les innombrables petits crabes commencent leurascension vers les montagnes, et, sans cesse réduits en nombre par lesoiseaux, les reptiles, les fourmis, arrivent encore en processions immensesdans leur retraite des rochers 3 . Le plus grand tléau des plantations est lerat, qui s’est multiplié en quantités prodigieuses et dont on essaya vaine-ment de ,se débarrasser par le poison, les trappes, les chiens, enfin parle crapaud des Guyanes, importé de la Martinique ; on introduisit mêmeune fourmi de Cuba ( formica omnivora ) pour combattre les rats, puis onlança contre eux la mangouste ( herpetes ç/nsem) des Indes Orientales, qui àson tour a peuplé l’ile par myriades, faisant la chasse non seulement auxrats, mais aussi aux serpents, aux oiseaux; elle s’attaque aux poulaillers,mange les volailles, vide les œufs : après avoir été l’alliée des cultivateurs,elle est devenue leur ennemi 1 2 3 4 .

La Jamaïque ne contraste guère moins qu’llaïli avec l’ile espagnole deCuba par l’origine africaine de presque tous ses habitants : si ce n’est dans

1 G. Schweinfurt , Petermann’s MiUheilungen, 1868, Heft VII.

2 XV. Beekfort, Vues pittoresques de la Jamaïque .

3 Du Tertre, Histoire générale des Antilles ; — Labat; — Bryan Edwards, etc.

4 Schmarda, Belim's Jahrbuch, 1887, vol. XI.

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