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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

caslle, où l’on a établi le camp de la garnison, à 1158 mètres d’altitude 1 .On vante aussi le climat de Mandcville, au centre de l’ile.

La diminution de la race blanche, l’accroissement de la race africaine àla Jamaïque ont coïncidé avec un changement radical dans l'exploitation etle rendement des terres. Les grandes plantations sucrières, recensées aunombre de 85!) en 1805, n’étaient plus que 500 en 1805, et l’exportationdu sucre avait baissé, dans le même espace de temps, de 157 000 boucauts àl 25 750 ; la production du café avait diminué dans une proportion analogue,de 10 000 à 1550 tonnes. .Mais si les grands planteurs sont partis, aban-donnant leurs domaines, les anciens esclaves sont devenus propriétaires àleur tour et se sont découpé des champs dans les plantations où leurs pèrestravaillaient sous le fouet. Peu nombreux sont les nègres qui consententà peiner pour des blancs, même quand on leur offre un salaire élevé :presque tous préfèrent se laisser taxer d’indolence en désapprenant lechemin de l’usine, et ne bêchent le sol qu’aux alentours de leurs proprescabanes. Dès les huit premières années qui suivirent l’émancipation, lesnoirs de la Jamaïque avaient acquis en propriété personnelle plus de40 000 hectares et fondé deux cents villages. Comme pour se débarrasserdes souvenirs pénibles du temps de servitude, ils ne portent plus lesmêmes noms et en ont choisi d’autres dans le calendrier, l’histoire ou lamythologie : tout est changé dans un monde nouveau 2 . Dans les vastes do-maines qui restent encore, les planteurs emploient maintenant des engagésimportés de l’Inde , avec quelques centaines de Chinois et de Yucalèques 3 ;mais depuis 1886 l'introduction des Asiatiques a cessé.

Les anciennes cultures se faisaient pour subvenir au luxe de quelques-uns; actuellement les habitants travaillent le sol principalement pour suffireà la consommation locale, et à cet égard ils ont parfaitement réussi : lemaïs, les ignames, les bananes et autres fruits, surtout les oranges, telles sontles principales récoltes. Pour alimenter un petit commerce d’exportationils cultivent aussi le tabac, le gingembre, le calier, et se livrent à l’api-culture. Le chinchona est introduit depuis l’année 1868 dans les Mon-tagnes Bleues et les nègres en surveillent les forêts naissantes 4 ; l’arbusteà thé prospère dans le même district. Des noirs se mettent à planter lacanne à sucre pour leur propre compte, et tel domaine d’autrefois est rem-placé par trente petits enclos ayant chacun son moulin en bois. D’autres

1 Jerolim von Benko, ouvrage cité.

- Salles, Autour de la mer des Antilles .

3 Coulis hindous de la Jamaïque en 1888 : 15 006.

4 Production de l'écorce de chinchona en 1888 : 2700 kilogrammes.