CHAPITRE IX
ILE SAINT-DOMINGUE
HAITI ET DOM1NICANIE
I
VU F I) ENSEMBLE
Saint-Domingue — si l’on applique ce nom à l'île entière — est ladeuxième des Antilles en superficie et en population, mais la -premièrepar la hauteur du relief, la variété des formes, la beauté des horizons,la fécondité naturelle des vallées. C’est aussi la seule des îles de la médi-terranée Américaine qui ne dépende pas politiquement de quelque puis-sance européenne. Soit unies en un seul État, soit plus souvent constituéesen républiques distinctes, les deux moitiés de Saint-Domingue ont su main-tenir leur indépendance. Si elle eût été proclamée en faveur de créolesblancs, l’autonomie politique de Pile ne serait dans l’histoire modernequ’un phénomène secondaire, et il ne faudrait y voir qu’un cas analoguea celui des colonies de la terre ferme émancipées l’une après l’autre dèsi[uc les populations se sentirent majeures; mais les rebelles d’Haïti quiont forcé leurs anciens maîtres à reconnaître le fait accompli sont desnoirs, des esclaves et lils d’esclaves, êtres considérés jadis par les blancsorgueilleux comme trop abjects pour appartenir à l’humanité. L’indépen-dance d’IIaïli, s’accomplissant dans le monde des Antilles , au milieud autres îles où l’esclavage était maintenu dans toute son atrocité, apparutaux planteurs comme un événement contre nature; le sentiment généralparmi les propriétaires d’hommes, français, anglais , espagnols, hollandais,danois, américains, fut celui de l’horreur. Le nom même d’Haïti fut pro-
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