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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
scrit dans les plantations comme appartenant à une terre maudite'. Elpourtant il n’est pas douteux que cet exemple d’une communauté de'noirs jouissant de la liberté politique et s’administrant eux-mêmes, vivanten hommes libres après une révolution triomphante, eut pour conséquenceindirecte de bâter le jour de l’émancipation dans les Antilles environ-nantes : la crainte d’un désastre pareil à celui qui avait frappé les plan-teurs de Saint-Domingue ne pouvait manquer d’agir sur les esprits. 11 estvrai que les deux républiques, Haïti et Dominicaine , fréquemment soumisesà la guerre extérieure et aux menaces de l’étranger, déchirées par lesguerres civiles, exploitées par les ambitions personnelles, n’ont pas encoreacquis une position éminente parmi les nations; mais au milieu de tous lespérils qui les ont assaillies pendant près d’un siècle, c’est beaucoup déjàque d’avoir survécu !
Le nom même, « Haïti », que l’on applique souvent à la grande île, est unindice des changements survenus depuis le régime de l’esclavage. Cetteappellation, que l’on dit signifier « terre des Montagnes » dans le langagedes indigènes, était tombée en désuétude, de même que Quisqueya ,« Terre Grande » ou « Mère des Terres », qui, d’après Cbarlevoix, auraitégalement servi à désigner cette Antille : les patriotes qui rêvent l’uniondes deux républiques en une seule, lui donnent le nom de « confédérationQuisquéyenne ». Colomb , qui découvrit l’ile en 1492, l’appela Espanolaou « Petite Espagne » en l’honneur du pays qui lui avait donné les moyensde traverser l’Océan, mais ce nom se perdit, remplacé peu à peu parcelui de la capitale Santo-Domingo ou « Saint-Domingue », qui maintenants’applique spécialement, sous la forme de Dominicaine , à la partie orien-tale de l’ilc. C’est par réaction contre le souvenir des temps odieux del’esclavage que les noirs de la partie occidentale, devenus libres, ontrepris pour leur patrie ce mot Haïti , employé par les anciens Araouaqueset bien justifié d’ailleurs par la nature de la contrée.
Considérée dans ses rapports avec les autres Antilles, Saint-Domingue faitévidemment partie d’un ensemble géographique bien caractérisé. Continuantl’axe de Pucrto-Rico, l’ile s’élargit graduellement dans la direction del’ouest pour se diviser en deux branches dont les alignements se prolongentl’un par l’île de Cuba, l’autre par Pile de la Jamaïque . Du reste, l’étude desprofondeurs sous-marines montre bien que Puerto-Rico est la racine etHaïti le tronc d’où se ramifient les deux branches de Cuba et Jamaïque , cardes seuils redressés entre les abîmes profonds de la mer rattachent île à îleà travers les détroits. Entre Puerto-Rico et la Dominicanie , le détroit deMona n’a nulle part des eaux de 1000 mètres en épaisseur; dans le