S AIN T -1) 0 MI > G L K ET SES MON T A EN ES.
751
canal du Vent, entre Haïti et Cuba , l’ean est pins profonde, mais le seuil anéanmoins la forme d’un rempart entre deux fosses; dans le détroit de laJamaïque , on observe une structure analogue des fonds entre le cap Tibu-ron et la pointe Morant.
Au point de vue du relief, Saint-Domingue se divise naturellement enlégions orograpliiques bien distinctes : on peut dire qu’elle se composed’îles longitudinales, reliées par des plaines intermédiaires. Un abaissementdu sol en ferait quatre terres orientées de l’est à l’ouest, mais divergeantun peu comme les brandies d’un éventail qui s’entr’ouvre. La grande plainequi s’étend de la baie de Samami à la baie de Manzanillo sépare nette-ment le fragment septentrional ; la bande de terrains montagneux qui tra-verse l’île en diagonale du cap Engafio au Môle Saint-Nicolas constitueune deuxième île orographique, de beaucoup la plus considérable ; la troi-sième île de hauteurs est limitée, au nord par la rivière Arlibonile, à l’estpar le Neyba ou A’aqui Chico, au sud par une chaîne de lacs; enfin lalongue péninsule sud-occidentale et les montagnes auxquelles elle s’enra-cine forment la quatrième île du groupe d’Haïti .
La chaîne du nord se compose elle-même de deux terres distinctes et de*dimensions très inégales. La péninsule de Samami, à son extrémité orien-tale, fut certainement, même à une époque très récente, une île séparéede la grande terre; au commencement de ce siècle, un bras du Yuna,connu sous le nom de Cran Estero 1 , communiquait encore à l’est de la pres-qu’île avec la baie Escocesa : le lit du bayou, quoique envasé complètement,serait très facile à rccreuser et à transformer en canal de navigation. Cepen-dant la chaîne septentrionale d’Haïti commence dans cette ancienne île parun sommet abrupt, haut de 590 mètres, le Pilon de Azücar ou « Pain deSucre », qui signale de loin aux marins les approches de la baie. Une cimerapprochée, un peu moins haute, porte le nom de Monte Diablo; au delà,vers l’ouest, un plateau dorsal continue l’ossature de la péninsule et présenteau midi des falaises rougeâtres contre lesquelles viennent se heurter lesvagues. Sur la grande terre, les hauteurs reprennent pour former unechaîne côtière qui se poursuit dans la direction de l’ouest-nord-ouest, surune longueur d’environ 2*20 kilomètres: c’est la chaîne dite de Mon te-Cristi,d’après la roche qui en termine l’extrémité occidentale; elle est comprise enentier dans le territoire dominicain. Les premières saillies de l’arête ontenviron 400 mètres, mais des chaînons latéraux donnent un assez granddiamètre à la région montueuse, et du nord au sud le labyrinthe des vallées
1 Grand Esterre. Le mot espagnol estero, correspondant suivant les pays, aux mots anglais inlelet Sound, est francisé en Haïti .