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Livre XVII. Indes occidentales.
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INDIENS ET NOIRS DE SAINT-DOMINGUE.

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de descendre dans les parties non occupées de File et d’y faire la chasseaux troupeaux de bœufs, de chevaux et de cochons qui s’étaient multi-pliés dans les savanes 1 2 . Les flibustiers devinrent bientôt assez nombreuxpour s’attaquer aux Espagnols et pour les refouler du côté de la capitale :une guerre sans merci régnait entre les nouveaux venus et les premiersoccupants. Cependant les boucaniers n’avaient point encore de domicilefixe, mais seulement des lieux de rendez-vous, où ils déposaient les peauxdes bêtes qu’ils avaient tuées pour les vendre aux navires de passage.

Un de ces lieux où se faisait le commerce interlope était un havre de Fileà la Tortue, situé sur le détroit qui sépare cette longue montagne de lagrande terre. Se croyant assez forts pour y fonder un établissement du-rable, les flibustiers, aidés par les résidents français de Saint-Clnistophe,construisirent des magasins et des maisons dans File à la Tortue et se mirentà la défricher pour y faire des plantations, dont le tabac devint bientôtfameux. Les Espagnols comprirent que c’en était fait de leur dominationdans File de Saint-Domingue s’ils laissaient les écumeurs de mer fonderune colonie solide à côté d’eux, et en 1638 ils débarquèrent à l’iinprovistesur les campements et les entrepôts de File à la Tortue. Mais à peine s’élaient-ils retirés que les pirates étaient de retour, et, en 1041, ils se hasardaientmême à dresser une forteresse sur un promontoire. À [très de nombreuxconflits, ils furent chassés de nouveau, en 1634, par une petite arméeespagnole. Cette fois, ils se réfugièrent sur la grande terre, au l'elit-Coâve,et, vivant en république, sans maîtres et sans lois, se cantonnèrent dansles régions montagneuses de la presqu’île sud-occidentale : le port duPetit-Goàve, plus important que n’avait été le havre de File à la Tortue,devint une des escales les plus fréquentées de la mer des Antilles pour lecommerce du tabac et des cuirs. D’ailleurs la Tortue fut reprise par lesFrançais en 1659, mais, scs terres étant presque épuisées, les colonsémigrèrent pour la plupart vers la rive opposée de Saint-Domingue, oùs’éleva la forteresse de Port-de-Paix , entourée de plantations. La coloniefrançaise était définitivement fondée dans la partie occidentale de la grandeîle a , et peu à peu commença la culture régulière, d’ailleurs souvent inter-rompue par la guerre entre colons de nations diverses.

Le peuplement des campagnes par des nègres de choix devint alors l’af-faire principale. Tandis que dans la plupart des autres Antilles colonisées,les chiourmes d’esclaves devaient se recruter sans cesse par des achats, à

1 Th. Gage, ouvrage cité.

2 Labat , Nouveau voyage aux isles de l'Amérique.

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