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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGRAP1IIE UNIVERSELLE.

prenant l’état désespéré des affaires, proclama l’émancipation des esclaveset la fit ratifier par ceux des planteurs qui s’étaient refusés à trahir la mèrepatrie. 11 est vrai que l’initiative de leur affranchissement avait été prisepar les noirs eux-mêmes; la plupart étaient déjà libres quand on lesdéclara tels, mais il fallut bien reconnaître le fait accompli, et l’Assembléenationale de France vint, après coup, par le décret du 10 pluviôse an 11(4 février 1794), reconnaître l’égalité des droits entre les gens de racesdifférentes.

L’effet moral lut immense, et dans l’espace de quelques semaines lasituation matérielle changea du tout au tout. Les ateliers se soulevèrent,toute une armée surgit du sol à l’appel de Sonthonax , devenu le « BonDieu ». Les noirs insurgés qui combattaient au nom du roi d’Espagne changèrent de drapeau et se firent les volontaires de la république Française .Se retournant contre leurs alliés d’hier, ils les rejetèrent, dans la partieorientale de File, puis reprirent successivement les villes de l’ouest occupéespar des garnisons anglaises. Le général des noirs, Toussaint Breda , changeason nom en celui de L’Ouverture, pour signifier qu’une ère toute différenteallait s’ouvrir, et réellement un nouvel ordre de choses commençait. Letravail reprenait dans les terres cultivées, non plus seulement au profit de

s aussi pour la foule des hommes libres,et l’abondance renaissait dans les villages. L’année suivante, le traité deBaie cédait à la France la partie espagnole de Saint-Domingue, et la répu-blique Française se trouvait ainsi officiellement maîtresse d’une coloniebeaucoup plus vaste que celle dont elle avait hérité de la monarchie. Tou-tefois il fallait conquérir ce territoire que l’Espagne donnait à la France , etce furent encore les noirs affranchis qui s’emparèrent de cette vaste contrée,presque sans effusion de sang.

Ainsi la colonie continuait d’être terre française, mais c’est de la France même que vinrent les actes décisifs qui brisèrent le lien politique entre lesdeux pays. Après avoir renversé la ré x ^ e et restauré sous une autreforme l’ancien régime, le premier consul Bonaparte voulut accomplir enHaïti une œuvre analogue à celle qui lui avait réussi en France . Au com-mencement de l’année 1802, une armée considérable débarquait au Cap-Ilaitien. Les noirs hésitants ne savaient s’ils devaient se soumettre ourésister, car ils voyaient des frères de langue et de patrie dans les nouveauxvenus, et d’ailleurs les proclamations qu’on leur apportait promettaient lemaintien de la liberté. Ils ne combattirent donc que mollement, surtoutlorsqu’ils eurent perdu leur chef, Toussaint Louverture , attiré traîtreuse-ment vers le navire qui devait l’emmener captif; mais peu à peu la vérité