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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
l’est-il pas moins des -liens qui le rattachent à l’ancienne mère patrie etcherchc-t-il à les resserrer en imitant ce qui lui vient de France , les chants,les fêtes, les modes, les institutions et les mœurs. Sans doute ces imita-tions n’ont pas été toujours heureuses, et d'autre part les hommes quis’érigent en initiateurs à Port-au-Prince ont trop souvent fourni de tristesexemples à leurs disciples 1
Les constitutions d’Haïti se sont succédé si fréquemment, et les partisen lutte les ont si souvent violées suivant leurs intérêts ou leurs caprices,qu’il serait oiseux d’en énumérer les articles. Il suflitde dire d’une manièregénérale que, d’après la charte de 18(17, l’appareil du gouvernement com-prend, comme dans les Etals de l’Europe occidentale, un corps législatif,composé d’un sénat et d’une chambre des communes, un chef du pouvoirexécutif ou président, assisté par six ministres. Les députés, dont un parcommune, trois pour la capitale, deux pour chaque chef-lieu de départe-ment et pour les villes de Jacmel , .lérémie, Saint-Marc, sont nommés ausuffrage universel pour trois années. Le Sénat , composé de 50 membres,se renouvelle par tiers tous les deux ans; ses membres sont choisis, nonpar le peuple, mais par la chambre des communes, sur deux listes queprésentent les collègesY'lectoraux et le pouvoir exécutif. Les deux Chambresse réunissent en assemblée nationale dans certains cas prévus par la consti-tution, notamment en cas d’élection du président de la République. Lahiérarchie des tribunaux est copiée sur celle des tribunaux français. Haïti n’a pas de religion d’Etat, quoique la majorité des habitants professent lecatholicisme; depuis 1861 il n’y a point de prêtres de naissance haïtienne :tous, une centaine environ, sont Français . Le méthodisme et le baptisme,apportés par des missionnaires nord-américains , ont fait quelques milliersd’adeptes à Port-au-Prince et dans les districts du nord. La loi d'IIaïti déclarelégitimes les cillants nés d’un mariage non officiellement régularisé.
L’armée se compose de sept à huit mille hommes, volontaires ou recruestirées au sort, quoique, en principe, tout Haïtien, tenu au service mili-taire pendant quatre années, soit inscrit, de 20 à 50 ans, sur les rôles dela garde nationale : c’est par centaines que l’on compte les généraux. A lamoindre dissension civile, les volontaires accourent, car les Haïtiens ,quoique tort doux de nature, sont amoureux du changement et n’ont pasencore appris à se « guérir des individus ». Haïti possède aussi une flottede quelques navires. La guerre, jointe à l’avidité de certains prési-dents, et surtout à la charge des 150 millions d’indemnité payés aux anciens