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Livre XVII. Indes occidentales.
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ACCROISSEMENT DE LA POPULATION DE PUERTO-RICO .

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exceptionnels excitant les convoitises de leurs voisins; plus éloignés desEtats-Unis, ils n’ont pas eu à craindre, comme Cuba , les entreprises desaventuriers; enfin Puerto-Rico eut longtemps le grand avantage d’être ha-bitée presque uniquement par des campagnards d’origine andalouse, lesjivaros ou goajiros, cultivant eux-mêmes leurs terres, élevant leur bétailet ne disposant que d’un petit nombre d’esclaves. En 1765, lors du pre-mier recensement, la partie asservie de la population était d’un huitièmeenviron, et près de cent ans après, en 1860, dernière énumération faiteavant l’émancipation des noirs, on comptait près de 42000 esclaves, surun ensemble de plus de 585 000 habitants : la proportion des hommesprivés de liberté n’était que d’un quatorzième. Aussi les Cortès espagnoles,ne se trouvant pas à Puerto-Rico en face de difficultés pareilles à celles deCuba , où commandait un gouvernement occulte de propriétaires, y pro-clamèrent-elles l’abolition de l’esclavage beaucoup plus tôt, eu 1875. Lesplanteurs de Puerto-Rico , disposant d’un nombre suffisant de travailleurs,n’introduisirent point de coulis hindous ou chinois dans leur île, commel’ont fait les habitants des autres Antilles .

Le recensement compte Puerto-Rico parmi les rares contrées de l’Amé-rique tropicale où les blancs sont plus nombreux que les gens d’autre race.Au dernier siècle, il n’en était pas ainsi : en 1775, l’île n’aurait eu que29 000 habitants de race blanche et plus de 50 000 étaient d’origineafricaine pure ou mélangée. Vers 1850, les deux éléments ethniques seseraient à peu près balancés, et lors du recensement de 1887 l’écart estdevenu fort considérable en faveur des blancs 1 . Toutefois on se demandesi les recenseurs n’ont pas mis une certaine complaisance à inscrirecomme « blancs » une forte proportion d’insulaires dont le teint feraitplutôt croire à une origine mêlée. Il est difficile de constater la vérité enpareille matière, puisque, par une vanité mal placée, la plupart de ceuxqu’on pourrait soupçonner de ne pas avoir le noble « sang bleu » dansleurs veines, saisissent avec empressement toute occasion de se faire recon-naître comme de pure race castillane. En tout cas, ou ne peut s’empêcherde trouver étrange que l’augmentation de la race blanche 5 dépasse tellementcelle de la population de couleur, sous un climat des plus favorables au

PueiTo-Ricains blancs en 1887. 474 955

» de couleur » . 525 652

Ensemble avec population non classée. . . . 806 708

s Proportion recensée des blancs et des gens de couleur à Puerto-Rico :

En 1877. 502 blancs à 458 gens de couleur.

En 1887. 595 » 405 »