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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

de Cumana, sur le littoral sud-américain , mirent-ils un haut prix à l’acqui-sition de ces plongeurs : on paya jusqu’à 150 ducats pour un de ces indi-gènes, mais en peu d’années il n’en restait plus un seul’. On ne découvremaintenant que de rares vestiges de leur séjour. A l’époque de leur arrivéedans les îles Caïques, les colons anglais auraient déterré quelques crânesd’indiens dans une caverne; ils trouvèrent aussi divers objets de l’ancienneindustrie, notamment des poteries, ainsi qu’une hache de pierre sur laquelleétait gravée en relief une tète de dauphin. Dans Crooked-island, d’autres armesde pierre ont été rencontrées en grand nombre, et toutes fabriquées d’uneroche siliceuse qui n’existe point dans les I.ucaycs : les indigènes ne pou-vaient donc les obtenir que par le commerce, avec les habitants d’autresAntilles ou du continent voisin, ce qui suppose un degré de civilisation déjàavancé.

Après l’enlèvement des indigènes, les îles restèrent désertes pendantplus d’un siècle, tout en étant censées appartenir à l’Espagne . Mais dèsque les colons anglais se furent établis sur les côtes de la Caroline, ilsvirent dans les Bahama une dépendance naturelle de leurs possessions de laterre ferme, et le dédale des îles et des écueils leur parut admirablementplacé pour surprendre au passage les navires espagnols chargés de lingotsd’argent ou de marchandises. Des aventuriers de toute espèce allèrent seposter en embuscade dans les détroits, et l’industrie des wreckers ( rakers ),« naufrageurs » ou « rate leurs », prit pour centre d’opérations le portde Mew-Providenec, placé « providentiellement » au point de croisementde deux routes océaniques. De temps en temps, les Espagnols de Cuba venaient en force détruire ce nid de pirates, mais, aussitôt après leurdépart, de nouvelles bandes arrivaient pour guetter les convois. L’occu-pation définitive des îles par les troupes régulières du gouvernement anglais ne se lit qu’en 1718, et la culture ne commença sérieusement qu’après laguerre de l’Indépendance américaine, lorsque des planteurs « loyalistes »,fuyant la contrée rebelle, émigrèrent avec leurs esclaves pour coloniser unterritoire britannique.

Aussi longtemps que le dédale des Bahama fut au pouvoir des pirates etdes naufrageurs, la forme vraie des archipels devait rester inconnue : ellen’a été révélée et reproduite en d’admirables cartes marines que depuis laprédominance du commerce pacifique. On connaît maintenant dans sesdétails le contour de chaque île et celui du socle sous-marin qui les porte.Dans son ensemble, le banc des Bahama peut être comparé à l’ile de Cuba ,

1 Mac-Kinnen, ouvrage cité.