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Livre XVII. Indes occidentales.
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ILES B AIIA MA.

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qu’il dépasse de beaucoup en étendue. C’est aussi un corps insulaire d’unegrande longueur et relativement étroit, bordé d’innombrables récifs etdécoupé par de profondes indentations. La formation géologique est lamême, si ce n’est que Cuba est ancienne déjà et ne s’accroît plus que len-tement, tandis que l’ile sœur se construit sous nos yeux, par le travailincessant des coraux. Celles des Lucayes qui émergent des flots sont toutescomposées de calcaires blanchâtres transformés en une masse homogène,ne différant que par l’àge des coraux brisés de la rive, mêlés aux sables etaux fragments de coquillages. La roche s’accroît sans cesse sur sa faceocéanique par les constructions des animalcules, qui s’élèvent peu à peuet se consolident par leur rupture même, grâce au ciment calcaire quisoude les débris. C’est ainsi que la frégate anglaise Severn, qui fit nau-frage en 1795 sur un récif des îles Turques, se trouve maintenant revêtued’une enveloppe rocheuse de corail encore vivant : un étrange fossile seprépare pour les explorateurs des âges futurs.

Dans le voisinage des mêmes îles et en d’autres endroits du pourtour desbancs, quelques récifs, désignés sous le nom de coral-licads ou « têtes decorail », croissent d’une façon bizarre, comparables par leur profil à d’énor-mes champignons poussant du fond de la mer : hauts de 10 à 15 mètres etlarges de 5 mètres en moyenne, les fûts de ces récifs supportent de grandesplates-formes d’une centaine de mètres en circonférence, qui émergent àmarée basse. Le flux et le reflux n’ayant que peu d’amplitude dans ces mers,les coraux qui vivent sur le pourtour de ces roches les agrandissent peu àpeu sans que les vagues viennent démolir leurs constructions. A la fin cesplateaux de pierre s’unissent les uns aux autres, laissant au-dessous d’euxdes grottes et des avenues sous-marines, d’où l’eau qui s’est engouffréesous les arcades on poussant des masses d’air devant elle rejaillit enlarges nappes écumeuscs. AV hippie raconte qu’une baleine blessée réussit às’échapper en plongeant d’un côté du récif pour reparaître de l’autre côté,à une distance considérable.

Depuis que les myriades infinies des animalcules travaillent à la créationdes Bahama, le niveau relatif des terres et des mers a peu changé, puisquela hauteur moyenne des îles au-dessus des marées de l’Atlantique ne dépasseguère deux mètres. Quelques îles seulement offrent un sol légèrement mou-vementé, en forme d’ondulations marines, ou des terrasses en retraite,terminées par des falaises indiquant un ancien littoral. La colline la plushaute de tout le système bahamien, dans Cat-island, atteint 120 mètres.Mais si les îles n’ont qu’une faible altitude au-dessus de la surface marine,elles présentent au contraire des escarpements prodigieux relativement aux