8‘28
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
proprement dites n’ont, à marée basse, que 50 kilomètres, soit le treizièmede la surface des rochers élevés par les polypiers. Les massifs de corail quidépassent le niveau de la mer se profilent le long du rebord oriental, sur leplateau bermudien , puis se reploient au sud en forme d’hameçon : ils secomposent d’une île projetant vers l’ouest des péninsules aiguës en cornesde cerfs-volants, et d’une quinzaine de petites îles étroites s’alignant sur leprolongement de la Grande Bermude : en comptant les îlots et les rochersémergés l’archipel comprend au moins 150 terres distinctes, et plus quede « jours dans l’année » avec toutes les tètes de corail qui dépassent leniveau de la mer à marée basse. I)e vastes bassins ou soumis ouverts endiverses parties du groupe, entre les murs de corail, offrent çà et là deslieux d’ancrage parfaitement abrités, mais ne communiquant pour laplupart avec la haute mer que par de tortueux et périlleux passages.
La courbe ovale des îles est inscrite dans un ovale plus considérable, quine consiste, au sud-ouest, à l’ouest et au nord, qu’en plateaux immergésformant une digue circulaire sur laquelle se déroulent les vagues. Un trèspetit nombre de culs ou « coupures » interrompent cette enceinte de bri-sants : c’est un dangereux circuit que celui des murailles de coraux avecleurs bastions et leurs ouvrages avancés. La principale entrée, les Nar-rons, c’est-à-dire les « Etroits », où les navires trouvent au seuil 8 mètresd’eau, s’ouvre à l’extrémité nord-orientale des îles, et donne accès dans lebassin central, dont la profondeur moyenne est de 15 mètres, mais qui dansles endroits les plus creux n’offre pas plus de 25 mètres. Tout le pour-tour des bancs, du passage des Narroxvs à la convexité méridionale de lagrande île, sur une longueur développée d’environ 05 kilomètres, ne pré-sente, à marée basse, d’autres saillies au-dessus du flot que trois roches,pareilles à des mégalithes, de 2 à 5 mètres de hauteur, se dressant sur unetable horizontale de rochers, presque parfaitement égalisée par le flot :c’est un spectacle bizarre que celui des pêcheurs qui se promènent sur cerempart recouvert de quelques décimètres d’eau : des serpulcs croissenten faisceaux innombrables sur le bord extérieur du récif et l’entourent d’unourlet résistant contre la violence des vagues’.
Les divers pâtés de corail qui composent le grand massif des bancs ont laforme de cratères; ils ont une margelle élevée sur tout leur pourtour et secreusent au milieu : ce sont de petits atoll, comme ceux des Bahamaet desarchipels du Pacifique, et ils constituent par leur groupement des atoll degrandes dimensions qui s’unissent en une vaste ronde pour former l’en-