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Livre XVII. Indes occidentales.
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CARAÏBES DES PETITES ANTILLES .

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pirate, anthropophage 1 * ». Quoi qu’il en soit, il est certain que les Caraïbesdes Antilles avaient lini par employer ce nom dans un sens noble, puisqu’ilsl’appliquaient aux blancs pour reconnaître leur intelligence supérieure.Amerigo Yespucci dit expressément ([lie les indigènes de la cote de l'ariadonnaient aux navigateurs espagnols le titre de « Carabes » pour t exalterle savoir de ces étrangers. Français et Portugais étaient aussi appelés« Caraybbes, Carylm » d’après les anciens auteurs*.

On sait que les femmes caraïbes des Antilles s’énoncaient en nue langueparticulière, notablement dillérenle de celle des hommes. Les recherchesde Lucien Adam ont établi que le parler masculin se composait originai-rement du langage galibi des conquérants qui s’emparèrent des îles etpénétrèrent, jusqu’en Haïti . Le parler féminin est au contraire un idiomefoncièrement araouaque, celui des indigènes que les Galibi avaient vaincu,tuant les hommes et emmenant les femmes en captivité. Très peu de termessont communs : les mots qui ont pu être identifies se répartissent presqueexclusivement, les uns en galibi, les autres en araouaque; cependant celtedernière langue, celle des femmes, a été de beaucoup la plus influentecl a [iris la prépondérance, non seulement parce que l’éducation desenfants était entre les mains des femmes, mais aussi parce que l’araouaqueest la langue la plus riche et la [dus développée 3 .

De même que les Caraïbes avaient exterminé les Araouaques, de mêmeles blancs, Espagnols, Français, Anglais , exterminèrent à leur tour lesCaraïbes. L’histoire de chaque île, notamment celle de la Martinique , deDominica , de Saint-Vincent, est le récit du massacre des indigènes, et main-tenant il ne reste plus qu’un petit nombre de Caraïbes métissés, vivant dansces trois îles, en des vallons écartés des montagnes. Dominica aurait encoreune trentaine de familles indigènes 4 : en 1881 Saint-Vincent avait parmises habitants 192 individus se disant Caraïbes et pratiquant la plus péril-leuse industrie de File, celle d’embarquer les sucres de la côte orientale aumilieu de la houle qui se brise incessamment sur les rivages.

Les destructeurs des Indiens, les blancs, sans avoir à subir d’attaques etde massacres, déclinent à leur tour. Des statisticiens ont cru voir danscelle diminution du nombre des Européens 1’eflèt d’une loi fatale, l’impos-sibilité pour la race blanche de s’acclimater sur le sol des Antilles . 11 est

1 Von Martius , Beitrâge zur Ethnographie und Spraehenkunde Amerika's.

3 P. Margrv, Bulletin de In Société de Géographie, 1857.

* Lucien Admit, Du parler des hommes et du parler des femmes dans la langue caraïbe,Paris , 1879.

4 J. A. Eroude, The English in the Il es/ Indies.