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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

certain que, dans la période de colonisation par les ldancs, l’accroissementde la population européenne dans les Antilles a toujours été dît à l’immi-gration volontaire ou forcée, car la plupart des colons étaient non des« habitants » libres, mais des « engagés » ou plutôt des esclaves tempo-raires. De fréquents dépeuplements eurent lieu, causés par des épidémiesgénérales; à l'époque où les colonies déjà fondées étaient dans leur voie dedéveloppement pacifique, la mortalité des blancs a souvent dépassé leurnatalité, surtout pendant les épidémies de lièvre jaune 1 . Dans l’ensemble lephénomène normal fut celui de l’amoindrissement : la race semblait me-nacée de disparition par l’œuvre lente mais impitoyable de la nature.

Toutefois il ne manque pas d’indices qui démentent cette prétendue loiet prouvent que l’homme du Nord peut s’acclimater parfaitement en se pla-çant en des conditions favorables et en réglant prudemment son genre devie. Pour les Espagnols et les Canariotes, il ne peut y avoir aucun doute àcet égard, ainsi qu’en témoigne le rapide accroissement de la populationblanche à Puerto-Rico ; mais on peut citer aussi de nombreuses familles,même d’origine septentrionale, Français du nord, Hollandais, Anglais ,écossais, qui ont prospéré de génération en génération, et se distinguentà la fois par une santé florissante, par une grande force musculaire, unerare beauté et de brillantes facultés intellectuelles. Une meilleure connais-sance de l’hygiène, la facilité croissante des voyages, qui permet désormaisde fréquents déplacements de contrée en contrée, enfin l’établissement desanatoires à diverses altitudes des îles rendent l’acclimatement définitif deplus en plus réalisable par les Européens qui vont résider aux Antilles .

Les causes de fa diminution des blancs dans les Petites Antilles , diminu-tion d’autant plus " e qu’elle coïncide avec un accroissement rapide

de la population d’origine africaine, sont plutôt d’ordre économique etmoral que d’ordre matériel. Aux temps de l’esclavage des noirs, alors quetout le pays était divisé en grands domaines, la situation des propriétairesétait, sans discussion possible, celle de maîtres, d’êtres supérieurs apparte-nant, pour ainsi dire, à une humanité distincte. Mais quand les nègreseurent été émancipés, surtout quand nombre d’entre eux eurent acquisl’aisance ou la fortune, que l’instruction eut supprimé les distances entreles fils de l’ancien maître et ceux de l’ancien esclave, et que, fort de savaleur réelle aussi bien que de ses droits à l’égalité politique, l’Africaineut réclamé sa place à côté de l’Européen dans les conseils, les cérémonies,

* Mortalité moyenne des malades de la fièvre jaune à la Martinique , de 1802 à 1869 : 252 pour1000 (Béranger Féraud],