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Par la disposition de ses massifs et de ses bassins, l’intérieur de laFrance n’a point une régularité de formes aussi frappante que celle dupourtour maritime et continental ; toutefois l’ensemble présente une sorted’harmonie dans les contrastes mêmes ; grande est la diversité, mais le toutgarde son caractère d’unité géographique. Au centre s’élève un plateau degranit d’une remarquable symétrie de contours, disposé en forme detriangle. Un côté, tourné vers l’orient, est limité par la profonde dépres-sion dans laquelle coulent la Saône et le Rhône ; un autre côté, qui re-garde le sud-ouest, est parfaitement parallèle au cours de la Garonne , quil’accompagne à distance; enfin, la troisième face, exposée au nord-ouest,est précisément orientée dans le même sens que la partie de la Loire comprise entre Orléans et le confluent de la \ienne. A ce plateau serattachent, comme deux appendices péninsulaires, au sud le massif déchi-queté des granits du Rouergue , au nord les hauteurs du Morvan, égale-ment de structure cristalline. En outre, des montagnes de granit, deporphyre, de laves, s’élèvent au-dessus du grand socle que forme leplateau et par leur situation géographique donnent à l’ensemble une pentegénérale tournée vers l’ouest et le nord-ouest. Toute la protubérance de cesroches primitives est le squelette autour duquel les terrains plus récents sesont formés, comme des tissus autour d’un os dans un corps d’animal :c’est le centre résistant de l’organisme.
Les autres systèmes montagneux, d’origine ancienne, disposés aux quatreangles de la France , permettent de continuer cette comparaison entre lastructure de la contrée et celle d’un être vivant. Les Alpes et les Pyrénées du côté de l’Italie et de l’Espagne , les roches antiques du Poitou, de laBretagne et du Cotentin à l’extrémité maritime de la France et, dans l’épais-seur même du tronc continental, le double massif angulaire des Vosges etde l’Ardenne avec son ossature de grès, de granit et d’ardoises, sont commeles parties extérieures du squelette, et c’est dans les dépressions intermé-diaires que l’Océan a maçonné ses plages, composées de débris d’organismescalcaires et siliceux par milliards de myriades, et que les fleuves ont laissétomber en couches d’alluvions la « chair coulante » mélangée à leurs eaux.
Une zone de terrains calcaires jurassiques, fort large dans une grandepartie de son développement, entoure presque en entier le massif granitiquedu centre de la France et va rejoindre, au nord-ouest, une zone de mêmeformation qui limite la racine de la Bretagne , et, au nord-est, une deuxièmebande, beaucoup plus large, qui s’arrondit au pied des Vosges et desArdennes. Les Pyrénées ont à leur base, d’une mer à l’autre mer, unelongue lisière correspondante de roches crétacées, tandis que sur les Alpes ,