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terres du Limousin, de la Marche, de l’Auvergne, Élie de Beaumont etDufrénoy ont pu dire justement que la première de ces deux régions estle pôle positif et la seconde le pôle négatif de la France ; de toutes partsles hommes affluent vers le centre d’attraction, tandis qu’un mouvementen sens inverse se produit sur le pourtour des terres comparées au pôle derépulsion. Sous une autre forme, l’idée des illustres géologues ne diffèrepoint de celle des physiologistes. Pour ceux-ci, la solide ossature du grandorganisme français a son point d’appui dans le plateau central, et le sys-tème circulatoire vient converger vers le milieu du bassin de la Seine .
Le contraste de ces deux régions si distinctes se manifeste bien claire-ment par la forme qu’a prise en France le réseau des grandes lignesnaturelles de communication auxquelles on pourrait donner le nom delignes historiques, parce que tous les grands faits de l’histoire française se sont accomplis sur son parcours. Les voies de la région du nord, partantde Paris comme centre, rayonnent librement dans tous les sens, car nulobstacle ne les oblige à décrire de grands détours ; elles vont directe-ment au but qu’elles doivent atteindre. Les routes qui de Paris ontgagné la Suisse par les vallées de la Seine et de l’Aube, l’Allemagne par lesbords de la Marne, la Belgique par les cours de l’Aisne, de l’Oise , de l’Es-caut, sont toutes des voies également faciles, et sur chacune d’elles se sontopérés sans peine les mouvements des migrations, des guerres et du com-merce. Il en est de même des chemins directs qui rejoignent Paris auxbouches de la Somme et de la Seine, à la presqu’île du Cotentin , à laBretagne , à l’estuaire de la Loire. Sur toutes les voies qui rayonnent versle pourtour du grand bassin septentrional de la France , les peuples setrouvaient à l’aise pour cheminer dans l’un ou l’autre sens.
Mais au sud de la Seine et de la Loire la configuration du sol, toute dif-férente, ne laissait point les hommes passer ainsi au gré de leur fantaisie.Deux grandes voies seulement s’ouvraient devant eux. Celle de l’est relie lebassin de la Seine à celui de la Saône et du Rhône par les dépressions lesplus basses du plateau de la Côte d’Or ; on peut l’appeler la voie romaine,car c’est en en restant le maître que César fit la conquête des Gaules etc’est près du seuil de passage que l’on a placé, cà tort ou à raison, la statuequi rappelle le dernier grand effort des peuples gaulois. La route occi-dentale, qui est celle de la péninsule Ibérique , doit passer à l’ouest duplateau central par la vallée de la Charente. Au sud de la France , lesextrémités de ces deux grandes voies historiques sont reliées entre ellespar une troisième route naturelle qui n’a cessé d’être activement fréquentéedepuis les commencements de l’histoire. Cette roule, qui longe la base